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07 janvier 2011

La parfaite Albion

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Impression d'être moins repartie que revenue à Londres pour le nouvel an.

 

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L'Eurostar s'est tenu à carreaux. Pas de neige, pas de retard.
Palpatine et moi nous tenons aux deux spectres des us vestimentaires locaux :
classe et bien coupé vs fun et déluré. Ici, mes collants écossais passent incognito.

 

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J'aime (d')autant (plus) ce métro que Palpatine le déteste.
Esprit de contradiction.
Esprit British.

 

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Tour à l'entrée de la British Library (le Teckel nous racontera l'intérieur).
Je l'imagine davantage peuplée de David Lodge en puissance que d'universitaires renfermés ;
ça sniff bon la culture, pas le moisi.
Je veux bien qu'on m'offre toute la boutique.
Quoique, vu la densité de population de ma bibliothèque,
perhaps I should rather adopt a book.

 

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Une Anglaise, des anglaises.
Un mémo pour Palpatine,
qui préférera les Anglaises aux anglaises
(mais les Parisiennes aux Londoniennes).

Entrer au Couvent

 

[Mercredi 5 janvier]

 

Malgré le nom de ce restaurant, on y est entré plus volontiers qu'on en est ressorti, sous une pluie battante, sans parapluie, avec des chaussures à la semelle trouée. Ou comment devenir d'une humeur de gremlins aux Gobelins. J'ai néanmoins été un gentil mogwai toute la soirée. Normal, on mange et en bonne compagnie. Pensez donc, mon voisin d'en face m'a fait goûter ses gnocchis au roquefort – raison pour laquelle il est impératif que Paris-Carnet se déroule de nouveau dans ce lieu- après que nous ayons ensemble longuement hésité sur la carte pourtant pas très longue.

Juste avant de venir, j'avais lu à la fac dans Books un article sur The Art of choosing, l'auteur émettant l'hypothèse que si le choix est toujours préférable au non-choix, un choix restreint le serait également à de plus nombreuses options. Cela s'est vérifié le soir même pour la réservation d'un hôtel londonien (au choix-ou pas- minuscule, bruyant, dans le « grand Londres », loin de tout transport en commun, hors de prix, dirigé par des incapables, des mal-aimables, des incapables mal-aimables ou des mal-aimables incapables ; d'où 'la nuit porte conseil' et on se pieute sans avoir arrêté de décision) mais je ne suis pas certaine que cela fonctionne tout à fait pour la nourriture - pour moi (ou alors avec un choix très restreint qui, pour le menu du réveillon, s'est résolu de la manière suivante : je n'aime pas les petits oiseaux et les champignons ne m'aiment pas, donc je prends la dorade).

Autre point commun au menu : mon voisin a également élevé au rang d'obsession artistique une de mes lubies, celle des « détails bizarres » dixit Palpatine, adepte du panoramique. Du coup, on s'est mis à faire une partie de pierre-caillou-ciseaux photographique, rayures et autres figures abstraites contre ombres et reflets, avec un ex-aequo sur la photo des lampes du self du Barbican face à un même type d'accumulation, mais de caisses de vin cette fois-ci. C'est qu'y a à boire et à manger à Paris-Carnet.

27 décembre 2010

Eclats d'un Noël calfeutré

Nous avons bien failli ne pas arriver chez ma grand-mère. Des routes parfaitement dégagées débouchaient subitement, avec la netteté d'un découpage administratif, sur des portions de congères. Sous les phares, le vent balayait la neige à la façon du sable dans le désert. Pas moins de sept voitures dans le fossé. Grâce soit rendue aux pneus neige.

 

C'est ma cousine qui ouvre le bal du safari photo en shootant la star de la soirée, la fourchette le Père Noël. Cela faisait longtemps que nous ne nous étions pas retrouvées - à entretenir cette connivence que les dîners engloutissent parfois dans la nourriture et les conversation générales et indistinctes. 

 


Ces verres en cristal, aussi immuables que le foie gras au menu.

 


Noël bourgeois avec collier de perle au sapin.

 

De l'art de faire salon sans faire son rabat-joie en ce jour de Noël.

 


Bottes cavalières ou chaussons, chaque soeur a sa technique contre le froid.

 

De main à main.

 

 

Géométrie de soirée.

 

 

Les photographies encadrées ont vielli mais nous sommes toujours les enfants (à défaut d'être des enfants ?).

 

 

Entre carafe orientale et la jelly mit champagne de Country Cousin.

 

 

Pour se dégriser, un petit tour dans la cuisine, calme à présent que le repas est terminé et que ronronne le lave-vaisselle. J'y retrouve, plus que dans le sapin rapetissé depuis que j'ai grandi, l'ambiance d'attente nocturne dans laquelle nous baignions jusqu'au moment d'aller nous coucher, lorsque les cadeaux se découvraient au petit matin au pied du sapin. Je serais le Père Noël que je passerais  exactement ainsi dans la pénombre de la cuisine :

 

23 décembre 2010

Reconstitution sonore

 

Au pied du lit, l'eau coule, régulièrement d'abord puis avec des modulations, selon les parties du corps qu'elle rencontre et dont l'énumération constituerait un blason prosaïque du pommeau de douche. Quelques sons brièvement jetés, le gant de toilette est rincé.

Les draps se froissent sous mes jambes qui s'étirent tandis que des grincements proviennent, étrangement proche, de la cage d'escalier, ponctués d'un choc à chaque palier. Pour un peu, j'aurais l'impression de dormir dehors.

Le gond d'une porte cède. Les bruits se déplacent, je les suis dans l'appartement.

Le ronronnement du micro-onde dure quelques minutes et se termine par une sonnerie. Quelques minutes plus tard, la sonnerie se répète deux fois, rappel à l'ordre, le bol est toujours à l'intérieur. Un temps encore, le frottement de pas traînés et un déclic suivi d'un clac annoncent sa libération.

Plainte étouffée du cuir qui se remet du choc du corps qui s'y est laissé tomber et roulement du fauteuil.

L'intervalle entre les bruits trahit l'engourdissement du sommeil à peine révoqué, des forces qu'il faut chaque jour rassembler et ranimer, des gestes lents auxquels il a fallu, chaque fois, un temps pour se résoudre. Pause ensommeillée. Un tintement, bientôt raclement, métallique fait savoir que la cuillère tourne rond dans le bol. Une main froisse un sachet plastique, à la recherche d'un pain au lait pour accompagner le chocolat chaud.

Il est temps que je me lève pour aller moi aussi petit-déjeuner.