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05 mai 2011

Paris-Carnet au Couvent

Paris-Carnet au Couvent. En sortant de la station Gobelins, j'ai reconnu où je me trouvais – pas par rapport à la dernière fois, mais par rapport au trajet du 91 entre Censier et Vavin. Subitement, deux morceaux de puzzle se sont imbriqués, incluant dans le même espace la fac et Paris-Carnet. C'est à peu près aussi bizarre que de se trouver avec Palpatine dans le quartier latin.

Paris-Carnet au Couvent. Un vrai carnet a circulé. Chacun devait y écrire quelque chose. Je me suis trouvée bête, c'est très dur d'écrire quelque chose. Un peu comme les cartes d'anniversaires. Sauf qu'une carte d'anniversaire, en principe, vous connaissez le destinataire, et qu'après avoir vainement immobilisé la carte en quête d'inspiration, vous pouvez abdiquer et répéter la formule consacrée. Seulement là... J'éééééétais là ! Oui, mais je n'avais pas le bourdon. Feuilleté en marche arrière, le carnet révèle de chouettes croquis en plus des doux ou bons mots. Je finis par dessiner-signer une mini-souris, fournissant ainsi à Valerio l'occasion de cadavrexquiser, car non, je ne suis pas verte.

Paris-Carnet au Couvent. Drôle de nom a priori pour un restaurant. A posteriori, les gnocchis au roquefort gratinés sont une religion.

01 mai 2011

À temps, je n'attends plus

 

Un week-end aussi bon qu'un moment. Sans attente ni frustrations, même sur le quai du RER. J'ai coupé court. Arrêté le cours de danse peu après la barre et avant que mon corps ne suive plus (j'ai dégagé), pour aller voir Roméo et Juliette. Pris dans ma main la mâchoire de Palpatine qui pestait contre l'adaptation shakespearienne et l'ai détournée vers la scène ; qu'il me laisse applaudir, il râlerait ensuite (tête revenue en bisou-boomerang). Interrompu le vendeur d'Apple quand il est devenu urgent que j'avale un bol de nouilles. Partie ce matin sans que Palpatine soit levé, et ma mère dormait encore quand je suis arrivée chez moi ; l'occasion d'un second petit-déjeuner car, entre le muguet et la baguette fraîche, il n'y a pas à tergiverser. Dansé-défoulé lors du cours de danse dominical de la compagnie dissipée. Arrêté de travailler pour du gâteau chocolat-pignons de pin. Week-end parfait même de s'arrêter à temps.

27 avril 2011

Images mentales

Des images de pensée. Non, il ne s'agit pas de figures de style ni d'IRM. C'est le nom qu'ont donné Marie-Haude Caraës et Nicole Marchand-Zanartu à tout un tas de griffonnages qu'elles ont collectionné. Ni gribouillage exécuté mécaniquement tandis que l'on téléphone ou se concentre sur autre chose, ni schéma à visée pédagogique, l'image de pensée est contemporaine de l'idée. Simultanée, même : comme d'autres réfléchissent à voix haute, il en est qui réfléchissent le crayon à la main. Un schéma de ce genre n'explique rien, sinon sa propre pensée à celui qui le produit. Il n'est pas destiné à être montré et le spectateur le demeure : il regarde sans voir. Dans cette profusion de flèches ou d'éléments qui font système, quelque chose se joue, prend forme, sans qu'on sache nécessairement quoi au juste, puisqu'on n'entre jamais dans la tête de l'autre. Et c'est précisément cela qui a fasciné les deux chercheuses : le mystère de l'origine de la pensée.

Bien qu'elles insistent sur le fait que ces schémas ne sont pas spécifiques aux esprits géniaux, et qu'elles en ont également récupéré d'anonymes, on aurait pu croire que leur collection d'images de pensée d'artistes ou de scientifiques célèbres –toujours des originaux– participait de l'étude génétique et sa curiosité effrénée pour les brouillons : l'idée même d'une architecture, bien avant le moindre plan ; le déroulement chromatique d'un roman de Claude Simon ; l'organisation d'une pièce de Cunningham (environ trois secondes après le début et jusqu'à ce que le livre en circulation arrive dans mes mains – sur la fin–, j'ai pensé qu'il devait y en avoir chez les chorégraphes ; spatialisation sur le papier, forcément) ; et même l'instant-papier où le chaînage de l'ADN prend forme (point de reproduction pour une question de droits). Les chercheuses se sont fait aider de spécialistes lorsqu'elles n'étaient pas compétentes dans le domaine et pourtant, n'expliquent rien à partir de ces images, comme si tout ce qu'elles avaient voulu se faire confirmer était que le spécialiste, pas davantage que le néophyte, ne peut pénétrer ces nébuleuses. Le surgissement de la pensée : voilà pourquoi il s'agit de fascination plus que d'intérêt, de collection plus que d'étude.

Alors que je sentais poindre la déception (au seuil, là, c'est un peu frustrant – parce que, oui, c'est excitant), m'est revenue à l'esprit la surprise que j'ai eue en découvrant le brouillon de Palpatine pour son essay (optique je Me Barre Ailleurs). Sous la consigne de « Give a candid description of yourself », l'espace blanc comme pour un dessin d'enfant (ou les digressions de Sterne, plutôt) était parcouru de flèches reliant des îlots de mots : la culture faisait la navette avec le luxe, quand je ne sais plus quel pôle était entouré de courtes flèches que je n'aurais pas été surprise de voir scintiller comme les panneaux convergents d'un Broadway de dessin animé ; c'est moi ! Ich bin's ! ; il y avait du blog et de l'informatique ; en marge du cadre dévolu à l'exercice, comme en dehors des frontières, se trouvaient listées quelques capitales européennes et, multiculturalisme oblige, un grand-père italien se tenait comme il pouvait à une branche de ce curieux arbre généalogique. C'est comme si je voyais circuler les globules rouges de ses multiples personnalités, celles-là même qu'il doit réunir pour la nomination de miss ouvreuse de l'année. On fréquente assidument une personne et on finit par oublier qu'elle nous reste étrangère – autre, à tout le moins. Et là, c'en était la révélation mnésique. Jamais je n'aurais procédé ainsi. Incrédule et amusée, j'ai regardé, sans lire, j'ai promené mon regard le long de ces drôles de flèches qui, contrairement aux lignes de vol d'une compagnie aérienne, mènent pourtant en des contrées familières. J'ai conclus à la déformation de l'informaticien qui a la patate et créé des systèmes from scratch. Mais finalement, ce serait tout simplement, tout mystérieusement, une image de pensée – mental, though.

10 avril 2011

After hours, ce n'est plus l'heure

After hours a fini par me taper sur le système nerveux mais trop tard pour que je n'attende pas tout de même la fin du film. Piège abscons à l'image duquel j'ai réussi à me pourrir le week-end toute seule comme une grande (looseuse). Demain, moi aussi, comme Paul, je me mettrai en face de mon écran d'ordinateur au boulot et je recommencerai une semaine sans réfléchir. Morale du film : dormir d'abord.