06 janvier 2008

New York restaurant - Hopper


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      Le jeu est simple, il s'agit d'inventer un scénario à partir de ce tableau d'Hopper, proposé par Olivier. Curieuse de voir ce qu'il évoque pour vous.

      Empiler ces assiettes. Sales. J’aurais de la chance si la cuillère ne s’en ira pas valdinguer avant que je parvienne à la cuisine. Dure journée de travail, les dossiers ne manquent pas, des embrouillaminis à démêler pour hier, comme d’habitude. Cela fait du bien de se retrouver, un peu au calme, au milieu du brouhaha. Empiler les plats, en trouvant le bon équilibre. Améliorer la stabilité de la pyramide de porcelaine. C’est vrai qu’on n’est jamais aussi isolé qu’au milieu d’un doux brouhaha… là où le bruit devient bruissement pour nous envelopper… une protection sonore, un cocon où l’on peut parler sans être entendu. Sa bague tinte légèrement contre le verre à vin vide parce qu’elle n’en boit pas –elle m’a demandé un verre d’eau pour prendre quelque médicament-, contre le verre à pied vide qu’elle caresse machinalement. Qu’elle fait tournoyer lentement, au rythme d’une valse qui résonne devant ses yeux, qui se glisse au premier plan, devant le brouhaha de la salle. Les reflets de la lumière des réverbères, dehors, filtrée par le rideau jaune, glissent sur la surface lisse et courbe du verre. Elle les observe tournoyer, avec une mélancolie distraite. Enfin, j’imagine. Je sens sa présence juste derrière moi… sans être entendus… La cuillère que j’ai placée en haut de ma composition pour qu’elle ne déséquilibre pas la pile d’assiette émet un bruit vif en glissant - démenti sonore. Contrepoint à l’ambiance feutrée des conversations isolées. Ils ont jeté un coup d’œil à la maladroite que je suis. Si je me retournais, elle aurait un sourire. Nullement condescendant. Vague seulement, perdue dans la contemplation de l’homme qui lui fait face. Qui lui, lui parle tout en l’admirant. Ce nouveau chapeau rouge… seyant... exquise... Les mots se perdent. Cette femme est rayonnante. Je le perçois alors même que je lui tourne le dos. Je n’ai plus vraiment de raison de m’attarder à présent. La blancheur de mon tablier est aveuglante –le patron est intransigeant, là-dessus, cela fait partie de l’image du restaurant- mais n’attirera pas l’attention comme son éclat, à elle. Une présence de plante verte, lumineuse et invisible. Je lisse du plat de la main la nappe devant moi, depuis le centre jusqu’à l’angle. Le même tissu que mon tablier. Je fais partie du restaurant. L’oubli du blanc. Tout juste si l’on me remarque – à peine m’entend-t-on- intégrée au tableau. Tu prendras un dessert ou préfères-tu y aller ? La nappe n’a plus de pli devant moi. Elle ou moi soupire. L’instant de répit est fini. Le chassé-croisé doit se défaire. Rentrons… Je m’esquive en cuisine avec mon plateau. Esquisse.

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21 novembre 2007

Je rentre dehors.

    J’ai poussé successivement la porte du dictionnaire de littérature, de la bibliothèque, du bâtiment puis du lycée. Je suis rentrée dehors. Comme d’habitude, au signal du bip de la porte, l’avenue de Paris s’est déployée devant moi en un gigantesque pop-up. Avec klaxon, couleurs de la glace vespérale déclinante et pollution intégrée. Un praticable pour pouvoir avancer le long des décors cartonnés, pour qu’au milieu des maisons illusions se perde la mienne, la seule bien réelle dans laquelle je m’essayerai à mon bureau comme un Playmobil sur sa chaise. Toujours est-il que je traverse l’animation. Le froid entoure ma tête et oblige mes frileuses pensées à se rétracter. En un joyeux bazar. Mais soufflées, elles ne disent mot ; la stupeur les rend muette et me rend la parole. Elles se taisent et je peux suivre les lignes de l’architecture urbaine. Carré, rectangulaire, arrondi, reposant. Je suis simplement. La mécanique de mes pas. Je tâte le sensible mais il ne me touche pas. L’écho vibrant de mes pas s’arrête quelque part entre le nombril et mes côtes – les jambes en eaux internationales.  Froid existant. Tout à l’heure mes pensées se dilateront dans la chaleur de l’appartement. Je suis simplement. Eparpillement.

    Désordre ordonné ? Infini infiniment moins infini que l'infini qui le comprend sans en être une partie ? Pascal ? Le silence de ces espaces infinis m'effraye. Les feux des voitures aussi, par contrecoup.  Et ces journées terriblement finies pour une tâche qui ne l'est pas. Tache de jus de mangue. Pas idée de goûter au lieu de se nourir de la susbtantifique moëlle du style littéraire. Purs esprits - très fantômatiques.

    Je deviens folle. Mais ça, vous n'avez pas besoin de moi pour vous en rendre compte. Enfin si. Mais non. Bref.

    Dès fois, je voudrais réfléchir comme un miroir.  Folle et feux follets.

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15 avril 2007

(desert theatre street)

           Samedi matin. Depuis que le portable a égrainé le réveil, tout a été pris dans une spirale d’activité routinière. Quelque soit l’heure de la sonnerie, les dernières minutes sont toujours une course contre elles-mêmes. Le manteau : attrapé et enfilé dans la cavalcade silencieuse des escaliers. La porte du hall s’ouvre avec un décrochement sonore, le détecteur de mouvements a à peine intimé à la lumière de s’allumer que j’ai déjà la main sur la poignée dorée de la porte d’entrée. Quittant l’agitation, j’entre en coulisse. La porte s’est refermée sur la lumière, calfeutrant le bruit de son acolyte en verre. Je suis entrée dans le silence et m’avance à la dérobée. Mes pas ralentis sont furtifs parmi les façades cartonnées qui les guident. Le labyrinthe est limpide – désert même. La toile monochrome met en scène la solitude urbaine. Désert habité. Au coin de la rue le lampadaire marque la sortie de secours. Un bruit passe dans le rougeoiement de deux veilleuses, emportant d’hypothétiques acteurs, personnages esseulés d’un décor abandonné. Sous un projecteur blafard, la boîte aux lettres fait le pied de grue. La laissant à son solo, je continue en travelling. Vision chaotique d’une chaussure qui recule toujours devant l’autre – rembobinage de l’absurde. Déjà la monotonie est rythmée par l’écho du macadam. J’entends que les techniciens finissent de plier la toile de la nuit dans son carton, elle file au dépôt dans un crissement de rails. Quand mon pas s’est accéléré, le théâtre des gens s’est installé, mon œil public s’est glissé derrière le rideau. Quand je suis arrivée au bout de la rue, les coulisses s’étaient évanouies. 

 




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23 février 2007

Avenue de Paris

         Elle a la cinquantaine. Il a également la cinquantaine, mais les paraît vraiment. Elle porte un petit tailleur rose pâle, ni layette, ni femme d’affaire stricte. Il porte un complet veston vert chiné, ni vestige d’une élégance passée, ni homme d’affaire. Ses boucles d’oreille sont évidemment des boules tressées en or ; il a toujours porté cette cravate rouge-bordeaux. Elle marche en parlant à son mari, sa main gauche retient un enfant qui crapahute sur son landeau-poussette. Il la regarde, tout en freinant l’allure nonchalante de son cycle, dont la roue est aussi fine que son visage émacié. Elle est distinguée, il est flegmatique. Un certain côté british à la française. Ils ne sont pas Versaillais pour rien.  

11:04 Publié dans Of mice and writing | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

19 février 2007

Tu es ennuyeux comme un amendement qui se développe.*


      Je sais, merci. Et c’est reparti(e).

      Perles acides. De petites comparaisons railleuses, des railleries cyniques et des cynismes perfides (non, j’arrête là, le rythme quaternaire a moins de force.) qui ne font pas avancer la conversation sinon de manière totalement rhétorique, mais qui possèdent une indéniable classe. Surtout quand elles sont assénées avec aplomb, culot et impertinence – encore que négligence, fausse naïveté et sourire en coin font aussi leur effet. C’est le piquant d’une conversation acerbe et l’à-propos badin. Aussi brillantes qu’artificielles, ces pointes verbales tournent parfois à l’habit chamarré d’une certaine vacuité incolore (un peu comme cette phrase). Image du dandy décadent en somme, who “would do anything for the sake of an epigram.”**   Plus rien que l’artifice poussé au paroxysme de son habileté, quitte à ce que le cynisme chasse définitivement toute sensibilité: "He cuts life to pieces with his epigrams." **  Mais au fond, tout langage n’est-il pas que liaisons grammaticales plus ou moins dangereuses ?

  * Non, ce n’est pas de moi mais de… Balzac, La Peau de Chagrin
** Qui n’a pas reconnu les aphorismes du maître du wit ? in The Picture of Dorian Gray

Et puisqu’il n’y a pas que les littéraires à manier la langue de Molière de vipère, une petite parole de l’homme politique aux formules assassines, j’ai nommé… Clémenceau : « On reconnaît un discours de Monsieur Jaurès à ce que tous les verbes sont au futur. »
Pure gourmandise acidulée. Pour les gourmands qui en redemandent ... Allez faire un tour chez un pianiste lettré (si, si)

19:17 Publié dans Of mice and writing | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

21 août 2006

Ce blog va prendre racine

... pour modèle.

      Je sais que je deviens quelque peu ennuyeuse ces derniers temps, mais vous jugeriez de ma liste de lectures obligatoires que vous admettriez qu'on le peut être à moins. Ampoulé n'est-il point ? C'est que je suis noyée plongée dans tout ce qu'a pu produire de plus classique dans la littérature frnaçaise. Là je sors d'Andromaque, mais pas plus tard que ce matin, j'étais chez Molière à disputer avec son misanthrope d'Alceste. Puis il y a eu ces derniers temps quelques visites au Cinna d'Horace et à ce repoussant Bardamu. Amusements et grincements de dent, en somme. 
      
      Mais Racine... ce n'est pas à lui que je ferais la tête au carré.

        Par un mètre qui est parfois jugé pompeux

        Racine émerveille, ce n’est pas dire peu.

        Suite de douze pieds pour une seule main

        De maître qui administre maintes destins,

        Le vers du dramaturge se montre éclatant,

        Révèle pour chacun un dessein transparent.

        A un rythme enlevé s’élèvent les passions

        Qui grondent et s’amplifient avec déraison,

        Qui oscillent et mettent en balance l’honneur,

        Avec les jours, la vie, sans parler du bonheur

        De personnages nobles ou encore courageux.

        Ceux-ci sont à un tempérament orageux

        Par l’éclair d’un regard amoureux condamnés :

        Quand bien même leurs feux sont pour madame nés,

        Ils n’osent aimer celles qu’ils ne veulent haïr,

        Tandis qu’à la honte ils préfèrent périr.

        C’est vous, ô ! Grands dieux ! qu’ils ne cessent 
                                                             [ d’invoquer,

        Que je blâmerais pour ces drames provoqués,

        S’ils n’avaient pas été source pour le génie

        Ainsi que pour mon bon plaisir, je ne le nie.

                       Point, c’est entendu.

 

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25 juin 2006

Mot à maux

           Robert se repose. Il attend à la vérité, mais comme il ne sait pas bien quoi, il se dit qu’il se repose. Avant qu’on ne vienne de nouveau le consulter sur quelque problème épineux. Il est très demandé ces derniers temps. Les vacances arrivant, son emploi du temps devrait s’alléger un peu. Il pourrait même envisager quelques semaines de vacances. Comme avant-goût d’exotisme, il y a son cousin qui s’est installé près de chez lui, depuis un moment déjà. Assez imposant d’aspect, il a pourtant toujours le mot witty qui fera mouche. Toujours à la page. Séduisant. Surtout dans son complet bleu roi ;  bleu anglais pour bien afficher son originalité. Alors que lui… avec sa mine sobre à tendance sévère, ses idées arrêtées et son éternel costume beige… Il scrute les environs : du quidam moyen à perte de vue. L’espace manque d’horizon, la capitale est vraiment minuscule.  Son cousin qui se pavane en quelque îlot – paradis artificiel. Il s’en lasse, et commence à baisser la garde ; la lettre – pas vraiment capitale - qu’il parcourait lui échappe. Son regard se noie dans le vague. Et là, il aperçoit… rousse, racée, colorée et vivante… elle parle comme un moulin, comme le vent égrènerait à toute vitesse les pages d’un livre. Elle est enjouée, fait retentir son rire. Elle… la rousse…si…

 

Un grand bruit fait sursauter tous les étudiants. 
- Tiens, c’est le dico qui est tombé de son étagère !
- Tombé amoureux oui ! pouffe en ses pages ce grand dandy de Collins.
Et Larousse de rougir à l’abri des livres beaux parleurs, sur son rayonnage discret.

 

 

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29 avril 2006

Crying his eyes in

Prince de l’or noir
A la peau exhalante d’arômes,
Il attend, fiché sur sa mare.

Sa vision a dépéri,
ô cyclope à faire fondre,
Prince déchu de la chocolaterie

Et couronné d’amande
Et non de laurier – pattes
Au ras des pâquerettes tendres.

D’amour ce crapaud s’est consumé
La flamme de l’amour rend aveugle
Son œil a été emporté
Dans le Tartare de sa gueule. Et beugle

En silence ; l’œil intérieur
Etouffé en un hoquet, plus gros que le bœuf
Il n’y pense – s’il pouvait juste redevenir rieur
Et piquer un œil bovin – Mais qui vole un bœuf vole un bœuf :

Pour un crapaud par Pâques pondu
En voilà une amer idée.
Le troisième œil qui a anéanti le second a fondu
Dans son corps évidé.

Grenouille à la grande bouche
Muette – je vais t’embrasser,
De ton baiser, garder sur mes lèvres l’embrun coloré.

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11 mars 2006

My eyelids fall like the curtain at the end of a play

Petit poème de ma pomme (pfff et dire que je suis une orange sanguine-private joke, sorry) en anglais - ça laisse des traces le concours général.

My eyelids fall like the curtain at the end of a play
But to-morrow the stage will display
Another act or another day.
The role I used to know I want
But it washes past and I have to improvise
A witty word to fill in the blanks
World is too vast for words but words too heavy but for the paradize.
Words are missing, words are overwehlming.
My eyelids fall like the curtain at the end of a play
As performances go by, ends the season
Another play will be performed
To be word perfect you need to forget, what you have learnt,
What you have dreamt. No dress rehearsal, not a few.
Live and speak and wright
Till you can. For it words fail you
Understudy is ready, he is right
In the salls. The first row
Is just waiting for your final bow.
My eyelids fall like the curtain at the end of a play
I need to scrimp and save a glim of spotlight
For my time is nearly lapsed. The stage director ‘ll slay.
My mind tries to resist to the night
To no avail find a few more to ad : no point. The script is over.
So is the illusion. A few lines and comes the dead line.
My eyelids fall like a curtain at the end of the play.
It won’t open on a new day
In the world of dream I gonna stay,
Upon that little tent of gold
Which poets may name the realm of God.

 

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22 décembre 2005

Nouvelle pas nouvelle

Voici une mini-nouvelle que j'ai écrite il y a un bail... mais puisque je pars en vacances, je fais le tour de mes archives (c'est poussièreux le fond d'un PC, c'est fou).

           Etudions un peu cela. Je me penche sur un circuit sombre. Si noir qu’il ne s’en dégage qu’une multitude de lumières. Des chemins conducteurs y sont gravés. Ils se juxtaposent, s’entremêlent, se croisent. Difficile de les distinguer. Surtout que l’électricité fourmille. L’information lumineuse se déplace par sauts de puce. Voilà q’un des points luminescents rouges grenat est stoppé par une résistance. Pour un court instant, j’imagine qu’on lui donne le feu vert : elle repart sur le circuit. Certaines tâches de lumière demeurent obstinément statiques. D’autres, au contraire, s’affairent comme pour relier les sédentaires en une immense toile. Toutes sont sûres d’elles, comme mues par leur instinct vers un destin immuable. Pourquoi cette rouge-ci défile-t-elle le long d’un collier or ? Il me manque pour déchiffrer le code d’accès. Je pourrais mouliner à l’infini sans jamais l’obtenir. Le mystère des machines…

 

« Mesdames et messieurs, veuillez redresser votre tablette en vue du proche atterrissage. Please, ladies and gentlemen… » Je referme le hublot en soupirant.

 

… celui de l’humanité. Non, décidément, il me faudra du temps pour parvenir à saisir les infimes rouages de ce qu’on appelle, sans vraiment la connaître, la société.

 

 

 

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18 juin 2005

Mon poème préféré, je crois

THE ETERNAL SHE

I gave
a girl my soul.

She looked at it.

Smiled faintly.

And dropped
it into the gutter.

Casually.

God! She had class.

Richard Brautigan


Pour les non anglophones, voici la traduction... Cela perd de son charme.

L'ETERNEL FEMININ

J'ai donné
à une fille mon âme.

Elle l'a regardée.

A souri jaune.

Et l'a jetée
dans le caniveau.

Négligemment.

Elle avait une sacrée classe.


J'ai découvert ce poète-romancier-novelliste américain dans Muze. Il est quasi introuvable dans les librairies françaises... Mais grâce à la belette, vous pouvez cliquer ici pour découvrir d'autres poèmes au goût acidulé.

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Un petit poème de Jean Tardieu...

Cet individu était seul.
Il marchait comme un fou
Il parlait aux pavés
Souriait aux fenêtres
Pleurait en dedans de lui-même
Et sans répondre aux questions
Il se heurtait aux gens, semblait ne pas les voir.
Nous l'avons arrêté.

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