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17 août 2016

Lille à la fenêtre

Beffroi

Depuis notre chambre d'hôtel. J'avais une super idée de série pour exploiter l'aspect phallique de la chose, mais Palpatine n'a pas voulu. Bite & Beffroi, ça en jetait, pourtant, non ?

(Le ciel est bleu, mais j'ai tout de même fait l'ouverture du Zara pour m'acheter d'urgence des manches longues…)

Ancienne poissonnerie

 

Reflets d'église

 

Arcades de la bourse aux livres

Photographies en demi-teintes pour un week-end haut en couleurs

Mai 2016. JoPrincesse et moi nous sommes pas mal promenées dans le quartier tranquille de notre AirBnB, enrichissant brique à brique notre kaléidoscope londonien…

 

Scultpure visage géant


Selfie rouge au musée

Quai de la station, reflet

Sonnettes jumelles sur des murs de deux couleurs

Installation araignée au V&A Museum

19 juin 2016

Julieta

À en croire les critiques, Julieta ne serait pas un vrai Almodóvar : pas assez exubérant, pas assez loufoque, pas assez comique. Un drame, forcément… Et pourtant : des années 1980 flamboyantes, des femmes complexes, fortes et fragiles, lumineuses, aux sourcils épais, qui bouffent l'écran, des prénoms qui se prononcent avec la langue qui vient taper sur les dents ou rouler au fond de la gorge, Julieta, Antía, mère et fille, mer et père, mort, filiation et abandon, la tragédie grecque aux couleurs ibériques. Même dans le drame (surtout dans le drame ?) Almodóvar conserve son style, qu'il sait parfaitement abstraire de ses tics (il faut qu'il en soit conscient pour s'être auto-parodié dans la joie et la bonne humeur des Amants passagers). Son dernier film est sans doute pour beaucoup trop aldmodovarien et pas assez almodovaresque. Je trouve pour ma part splendide la manière dont il met en sourdine son extravagance stylistique pour laisser libre cours à celle de la vie, des destins qui s'y dessinent, et peint le drame en couleurs vives, étoffes rouges, villes et visages lumineux dans les remords et la joie. 

Mit Palpatine

19 février 2016

Voir double

Je ne m'en suis rendue compte que la veille de la représentation : j'avais déjà vu Double vision. Je revois sans réviser mon jugement – à ceci près que la petite salle de Chaville me semblait plus adaptée, le miroir immergeant davantage dans un univers qu'il diffracte difficilement pour les spectateurs de Chaillot passée la moitié de la salle…

Il y a toujours cette ambiguïté organique dans la première partie : on ne sait si Carolyn Carlson, enserrée à la taille dans une jupe qui se prolonge sur toute la scène et sur laquelle sont projetés des extraits du monde naturel, feu, neige, œil, globules… fait corps avec une nature cyclique, où elle puise son énergie (les globules), ou bien si elle est entravée, empêtrée, condamnée par la biologie, où la vie se définit par rapport à une mort certaine (les fourmis rouges qui lui passent sur le corps, brrr). Selon que l'on est plus sensible à l'un ou à l'autre, on en tirera une impression de plénitude (Palpatine) ou de trop-plein anxiogène (Mum et JoPrincesse).

À la nature cyclique succède la ville linéaire, avec ses files ininterrompues de chiffres et de voitures qui défilent sur des bandes verticales entre lesquelles s'intercale une ombre noire. Tandis que le monde naturel demande à ce que l'on fasse corps avec lui, le monde urbain est un monde dans lequel on s'insère – et la silhouette de disparaître derrière une bande, pour reparaître devant une autre, sans que l'on sache très bien si elle a plus de réalité que son ombre projetée. Je ris intérieurement à l'oxymore préjugé d'une dame de 72 ans s'aventurant dans la streetdance, mais la cagoule cache en réalité un acolyte. Peu importe, la poésie ludique de la silhouette s'inclinant très légèrement alors que l'image mouvante la projette sur des rails, comme un véhicule de jeu vidéo, est bien de la chorégraphe calligraphe.

La courbe naturelle O et le trait urbain | fusionnent dans une troisième partie ⎋ (on/off), celle de l'imaginaire et de la pensée capable de synthèse, de symbiose… et de prolifération anarchiques des images. Filaments qui ondulent sur les murs, graphies projetées en cercles concentriques au sol, au gré des traits qui gouttent depuis un panneau, auxquels se mêle bientôt un essaim de cubes tourbillonnant comme le gif d'une molécule ADN… et Carolyn Carlson qui tourne, qui tourne la-dedans… « J'ai l'impression de voir l'intérieur de ma tête » résume JoPrincesse à la sortie. Palpatine approuve. C'est effectivement à peu près la cartographie de mon esprit lorsque je m'auto-saoûle. Avec son rythme effréné et sa bande son qui vire à la bande bruit, le spectacle vomit les cogitations de nos têtes encombrées sur scène. On en sort épuisé.