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22 août 2015

Street art in SF

Main V

 

Peinture murale, typo

  

Chenille dessinée sur un lambris

 

Les papillons suivent Palpatine - ça fait un mignon curseur, vous ne trouvez pas ?

 

  

Fresque baleine

 

Fresque et escaliers de secours

26 avril 2015

Week-end à Brussels

Lampadaire à la fenêtre. So Magritte, vous ne trouvez pas ?

« Ah ! Mais ici, c'est différent. On n'a pas un président, on a un roi. On n'est pas en France », précise d'un air moqueur le restaurateur1 après que je lui ai demandé une carafe d'eau – concept qui n'existe pas toujours à l'étranger, et pas en Belgique, donc. En Belgique, il y a un roi et des gaufres. Et des speculoos. Et le dernier opéra de Dusapin à la Monnaie, qui motivait ma venue et qui est presque devenu un prétexte une fois sur place, avec @_gohu.

Hugo, aka le lapin, est un scientifique qui n'aime pas l'Art Nouveau parce que ce n'est pas assez carré, et te fait un cours d'optique dans le Thalys pour t'expliquer le maniement de son super appareil photo2 (je pense rester admirative et vaguement envieuse des gens qui savent faire de la photo – trop de calculs et d'ajustements existentiels pour moi). C'est aussi un gentleman qui te prête sa veste parce que le personnel du musée n'a pas voulu te laisser entrer avec ton manteau (encore une question de sécurité – ça mériterait de devenir un sujet de philo à l'ENS, tiens !) et se relève pour aller masquer la lumière du chargeur de téléphone, qui rend la pièce toute verte. Et un sommelier à tisanes qui a raison : le tilleul, c'est très bon (je vous dirai pour les autres ; j'ai embarqué tous les sachets à l'exception de la verveine).

 

Cette photo ne présente aucun intérêt autre que de partager mon étonnement de voir des feuilles de menthe fraîches dans un thé à la menthe (le sachet de thé vert était servi à part pour laisser l'infusion à discrétion). Pour 3,50 €. Avec un speculoos. Pourquoi est-ce que j'habite Paris, déjà ?

 

Reflets Art nouveau dans le-super-appareil-photo, au dernier étage du musée de la Musique.

 

Ce n'est pas toujours évident, en voyage, d'être synchro niveau rythme et envies, mais le binôme lapin-souris s'est révélé une réussite. On était raccord : pour prendre des photos bizarres (les bulles de ta limonade sont assorties aux gouttes de pluie, vas-y, shoote-les !) ; pour repérer les ornements phalliques dans les balustrades en fer forgé des balcons ; pour sécher l'audioguide au musée de la musique et faire des blagues devant des instruments aux formes tarabiscotées (quand on a des ocarinas, il faut laver ses draps avec de l'eau très chaude – j'ai pouffé) ; pour prendre le même plat au restaurant italien (pâtes à la ricotta et cœurs d’artichaut, ça aurait plu à Palpatine) ; pour s'exclamer « Lapin ! » dès qu'on voyait deux longues oreilles dans une vitrine (entre la proximité de Pâques et la densité des chocolatiers à Bruxelles, autant dire qu'Hugo a beaucoup crié au lapin) ; pour embarquer tous les gels douche (Hermès !) de l'hôtel, petits flacons bien pratiques pour la danse et la piscine ; ou encore pour faire un comparatif très sérieux entre la gaufre de Bruxelles et la gaufre de Liège chez Dandoy, supplément chantilly à l'appui3.

 

Après la montre molle de Dali, le violon, mesdames et messieurs. À sa droite, celui de Picasso.
(J'ai aussi une photo visant à prouver que certaines flûtes sont appelées flageolets.)

 

On a vu des lapins, mais par esprit de contradiction, je vous mets ces adorables canards en meringue. Encore une victoire de canard !

 

Il y avait aussi des balcons sans forme phallique, hein.

 

Je situe la gaufre idéale entre les deux : plus moelleuse que la gaufre de Bruxelles, au damier croustillant, mais plus légère que la gaufre de Liège, dense et caramélisée. Il n'est pas impossible que la boule de glace aux speculoos accompagnant la seconde gaufre ait induit un biais dans cette très sérieuse étude. Mais comment ne pas y goûter chez le spécialiste du speculoos ?

 

Rideau de soleil chez Dandoy (premier rayon du week-end).

 

Les pauses gourmandes ne sont même pas des pauses, à Bruxelles ; elles font partie intégrante de la douceur du week-end. La capitale belge a pour un Parisien des allures de ville de province : elle me fait passer la frénésie de tout voir et tout visiter (le musée de la bande dessinée reste un prétexte valable pour une prochaine visite), si bien que j'en garde l'image d'une ville où il est doux de s'ennuyer.

 

Deuxième photo préférée du week-end, depuis le dernier étage du musée de la Musique.

 

Il pleut des cordes sur le génie / De la place / De la Bastille (de Bruxelles, certes).

 

J'ai beaucoup aimé les pommes de pin en fer forgé du musée de la Musique, et alors ?

 

On ne s'est pas trop fait violence, il faut bien l'avouer. Lorsque la femme de ménage a toqué à midi moins dix pour faire la chambre, on s'apprêtait seulement à partir.
– La femme de chambre est hyper mignonne, commenté-je spontanément une fois la porte refermée sur une jeune femme souriante.
– Tu ne peux pas dire ça.
– Pourquoi ?
– On est au Sofitel...

Je ne sais pas si c'est le Sofitel qui veut ça, mais le personnel arbore en permanence une mine contrite, comme s'excusant à l'avance d'un possible mécontentement. Au check-in, l'hôtesse d'accueil, nous prenant probablement pour un couple, fronce les sourcils en regardant la réservation, puis, relevant la tête, demande d'une petite voix : « Vous avez demandé deux lits séparés ? » On confirme, son visage se détend, pour se crisper à nouveau deux secondes plus tard : « il y a bien deux lits séparés, mais ils sont collés ; doit-on chercher et préparer une autre chambre ? » Elle attend notre réponse, sourcils froncés, et j'ai envie de lui dire, relax max ! C'est mauvais pour les rides, toute cette contrariété. En vacances, passé entre les gouttes, gâté de quelques rayons de soleil, avec du chocolat et un bel opéra, par quoi pourrait-on bien être contrarié ?

Ah, si ! Par la linguistique. Je me suis fait reprendre par Hugo à chaque occurrence de gaufre de Bruxelles, arguant qu'il fallait prononcer la ville comme Auxerre, avec deux « s ». J'ai protesté-persiflé à grands renforts de kss, kss, ksssss – en vain : les linguistes sont formels, on dit bien [brussel] et non [bruksel]. Autant Manneeken-pisser dans un xylophone, je retournerai à Bruxelles, kss, kss, ksss.

 

Coca-Cola cariatides

Coca-Cola-cariatides

 

Above

 

Je dois avoir une photo de ce genre pour chaque ville où je suis passée, depuis Toronto, où j'avais été frappée par le contraste d'un building et d'une vieille vieille, ainsi que le reflet de celle-ci dans celui-là.

 

J'aime toujours beaucoup la lumière des vitraux - souvent moins leurs dessins, trop plein d'épines et de saints pour moi. Ces motifs géométriques m'ont ravie, et le fait que chaque vitrail ait le sien propre, sans qu'il y paraisse.

 

Même s'ils sont très prosaïquement enduits d'un revêtement protecteur, ces arbres en chaussettes blanches m'évoquent Magritte.

 

Partition pour pigeons

 

À prononcer à voix haute (je décline toute responsabilité en cas de soudaine envie de glace).

 

La rue de la Huchette locale

 

 

Trompe-l’œil de modiste

 

Arbre d'indécision anarchiste.

 

Rien à faire, j'ai l'impression que ce chevalier joue à Super Mario Bros (reste plus qu'à dessiner un niveau avec des gaufres à la place des briques).

 

Je vous laisse sur ma photo préférée du week-end, carte postale en contrejour.

 
1 Des Nourritures terrestres (même sans avoir lu le roman de Gide, j'adore), recommandé par @meliemeliie, que je n'ai pas pu rencontrer car elle était en vadrouille. Il faudra revenir (comme si je n'en avais pas déjà envie).
2 La preuve que le grand angle n'est pas fait pour les portraits a été faite à mes dépends – avec un plus gros nez qu'aucun membre de ma famille n'aura jamais. Si cette photo est diffusée, je fais du lapin à la moutarde et aux amandes.
3 Cette période me fait sentir un peu sale, très blogueuse-qui-écrit-à-l'infinitif-du-premier-groupe (@melendili comprendra).

15 février 2015

Hong Kong : journal télé- et photo-graphique

Jour 1

12 heures de vol / Happiness Therapy : les engueulades, c'est toujours difficile à suivre en V.O., mais la danse, aucun problème, même lorsqu'elle est de salon, même par des adaptes du jogging (et du sac poubelle comme sudette) – vague réminiscence de Take the lead / Magic in the Moonlight : troisième Woody Allen que je ne déteste pas et le premier qui m'enchante vraiment ; irrationalité de l'humain, de l'amour, de la beauté ; joliesse des chapeaux cloche

Magic in the Moonlight, sur l'écran de l'avion


Magic in the moonlight
, collée contre Palpatine alors qu'il commence à faire sommeil / Essayer de dormir l'un sur l'autre, en yin et yang ; point noir, point blanc : on n'a plus de sang dans la jambe au bout de quelques minutes / Nuit en pointillés, dactyles et spondées / Recopier son numéro de passeport dans les cases / Un métro sans dodo ni boulot / 49 boutons dans l'ascenseur de l'hôtel

Vue de nuit depuis la chambre d'hôtel

 

Jour 2

Un groupe de taï-chi sur l'immense dalle de béton en bas de la tour de l'hôtel, puis dans un parc qu'on dirait abandonné en pleine ville ; force est de constater qu'ici, les personnes âgées ont un meilleur équilibre que bien des jeunes chez nous / Causeway Bay, Admiral, Central / Première impression de la ville, au hasard de la ligne droite qui traverse les principaux quartiers / Bruit, agitation, fatigue, insomnie / Une moitié de moitié de somnifère au premier tiers de la nuit

Voie de busAllée Jogging only


Look right, look left


Camion de livraison avec une fresque manga à  l'intérieur


Ville dans la brume

Grande roue et petite fleur

 

Jour 3

Réveil à 9h... heure française : il est 16h / Se rabattre sur Kowloon, quartier animé de nuit / Vue de la skyline depuis la promenade, avenue of the stars (elles ont laissé leur empreinte au sol mais restent invisibles dans le ciel) / Luxury brand street / Improbable partenariat Godiva – Hello Kitty / Parc pour amoureux pas trop frileux : une fontaine silencieuse et même un petit labyrinthe / Activités nocturnes : cours de sport dans le parc, prière à la mosquée / Couleurs des néons, densité de la foule, odeurs de grillade et de graillon / Des gaufres avec des protubérances d'algues rondes – un Belge incompris, sûrement / La rue de la Huchette locale, où mangent tous les Occidentaux (on ne dit pas Européens, à cause des Américains, ni Blancs, parce que tout le monde l'est) / Un marché avec des diseuses de bonne aventure, un autre avec de fruits et légumes, enfin de cartons, surtout, pour le moment

Skyline de nuit

L'opéra, skate parc de la lune

Marcher sur la tête

Temple à Kowloon

Marché

 

Jour 4

Départ pour l'île de Lantau et son Bouddha géant de 26 mètres / Dans le ferry, un habitué du trajet ne regarde plus la baie mais son journal (son RER, en somme) / Dans le car, des vieux sièges en cuir et une bande d'étudiants français : on apprend que la libraire en cardigan de la librairie française de Hong Kong vaut le détour (en école de commerce, je soupçonne qu'on demande Sénèque pour sa place sur les rayons plutôt que pour ses enseignements moraux) / Montée du car à travers des maisons et de petits immeubles (un, deux étages) en plein abandon insulaire – du linge qui sèche, des carcasses de bidons dans des potagers-décharges et des terrasses plus cosy / Tiens, voilà du Bouddha / Au Stabilo corail, sur une feuille collée sur un parpaing de travaux : Buddha >> / Les marches, grouillantes de touristes / À travers la brume, montagnarde, cette fois, le temple / Des bouddhas en veux-tu en voilà : cinq grosses statues dorées et du carrelage niche à statuette du sol au plafond – en voilà pour qui la représentation du prophète ne pose pas de problème / Retour en téléphérique, long de 8 mètres ; on évite les cabines avec un sol transparents

Détail d'une statue, une fleur dans la main

Bouddha et lampadaire


On file la thématique verte en finissant la journée dans les parcs de Hong Kong / Et toujours ces étranges banyans qui poussent sur des murs quasi-verticaux, les racines entremêlées dans les pierres (Et le banyan tire, il tire)

En chinois dans le texte

Reflets dans la fontaine du Hong Kong Park

Rond-point et échangeur

 

Jour 5

Journée en solo, avec comme idée fixe : se promener dans les collines vertes / S'éloigner du centre en longeant l'hippodrome, géant / Voir l'étonnement d'un habitant du quartier lorsque je photographie le portail d'une école primaire : il ne voit pas ce qu'il y a à photographier ; il n'y a probablement rien qu'une architecture qui fait local et qui n'est le signe de rien sinon de ce qu'il y a ici quelque chose qui doit être photographié

Ecole primaire


Le chauffeur de taxi ne parle pas anglais et l'anglais de la personne qu'il me passe au téléphone est pour moi du chinois ; je monte finalement, après avoir épelé lettre à lettre ma destination. / Une aire de jeu et de pique-nique, au soleil / Avant de pénétrer le parc, balisé mais en-dehors de mon plan, je m'arrête au kiosque ; après avoir choisi un paquet d'Oreo-like, j'hésite et me lance, lisant sur le petit panneau : Mu Wai / Mu Wai : les deux syllabes de l'inconnu, que je prends grand plaisir à prononcer / Même si je ne sais pas trop ce que je mange du bout de ma pique, c'est bon de se lancer / Arbres, torrents taris, graffiti local

Fleur en forêt

Graffiti en forêt


Retour au bruit et au béton / Tramway touristique pour monter au Peak, où il se met à faire froid, froid, froid / Palpatine passe une demi-heure à me frotter le dos, ça vaut bien toutes les vues du monde

 

Jour 6

Mieux que le Peak, le Victoria Park qu'on pourrait dire juste à côté s'il ne fallait méchamment grimper / Il manque des dames à ombrelle. J'imagine très bien les colons anglais dans ce jardin à la française, avec son kiosque miniature / Les lions, comme les dragons, sont à bigoudis / Compléter les choses-à-voir-à-faire à côté desquelles on est passé : de l'encens, de l'encens, de l'encens au temple de Man Mo, et la traversée en ferry de la baie à la tombée du jour.

Mariés dans les jardins

Statue de lion rugissant - au loin, une colline verte

 

Jour 7

Derniers dim-sums, je commençais à y prendre vraiment plaisir / Dépose des valises, l'occasion de découvrir encore un nouveau centre commercial – avec patinoire, celle-là, s'il vous plaît, et une petite fille trop chou qui s'appuie sur un pingouin à skis / Un quartier entier en chantiers, comme si on construisait d'un coup BNF / Après-midi bonus (avec le décalage horaire, on croyait qu'on serait déjà dans l'avion), visite d'un temple et, tiens, à une station de métro, il y a un monastère, dit le guide / Trois lignes, hasard, mais sûrement le plus bel endroit du séjour : toits en bois, plans d'eau, bonzaïs, j'aurais aimé m'y attarder et pas seulement le visiter

 

Dans la fumée de l'encens


Et puis à nouveau l'avion / Du thé noir imbuvable et un steward avec la gouaille d'un garçon de café : Air France, on est déjà revenu avant même d'avoir décollé / Mari Heurtin, que j'étais fort marrie d'avoir loupé ; une histoire à la Helen Keller, avec le bonus bonnes sœurs – les bonnes sœurs me fascinent ; celle-ci parle trop vite, l'actrice parle trop vite, exagère la ferveur, mais en fait non, la bonne sœur, condamnée à court terme, parle trop vite de peur d'être morte avant d'avoir dit ce qu'elle avait à dire et fait ce qu'elle avait à faire. Pour la jeune fille sourde et aveugle, tout se découvre avec les mains. Ode à la sensualité poursuivie par un court-métrage choisi au hasard (il reste peu de temps avant l'atterrissage), une aveugle, là aussi, qui de surcroît sculpte la terre glaise (et le corps de ses modèles, jamais deux fois le même) / RER du matin, chagrin / Comment peut-on trouver la force de sa maquiller dans le RER B à 6h du matin ? / Tenir éveillée, tenir (jusqu'à repartir)

Chez Palpatine

14 février 2015

Hong Kong : buildings et bouibouis

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Hong Kong, ville de contrastes. Tu m'étonnes. Pour moi, ce sera buildings et bouiboui. Bruyant et bordélique. Avec de la brume, aussi, nom poétiquement correct de la pollution qui rend les rues de Causeway Bay irrespirables et brouille une skyline impressionnante par temps clair. Partout de l'acier et des vitres, très photogéniques à cause des reflets qu'elles attrapent, transformant chaque immeuble en monade-monde de la ville. Partout aussi des tours crasseuses et des échoppes qu'on dirait en bouts de carton, dont je ne sais pas absolument pas comment rendre le grouillement avec mon appareil photo. Ca ne rentre pas dans le cadre, ou bien c'est tout flou, de mouvement ou de lumière (dans les quartiers commerçants, il fait jour en pleine nuit).

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Alors on apprivoise la ville à coups d'anaphores (buildings et bouibouis), de métaphores (les tours crasseuses : des dominos d'électriciens) et de comparaisons avec d'autres endroits que l'on a visité (l'agitation lumineuse de Broadway à Kowloon, la poussière d'Athènes à Causeway Bay, l'opéra de Syndey au centre des expositions...). Un jour, on dira d'une autre ville qu'elle a un petit côté Hong Kong – voire de plusieurs, et on fera des listes, comme Charles Dantzig avec ses rues de Rivoli partout dans le monde. En attendant l'inversion entre comparé et comparant, on s'étonne qu'entre les buildings new-yorkais et les bouibouis grecs, tous climatiseurs dehors, il y ait aussi des espaces australiens : un vide soudain, parc ou jardin avec sa fontaine, son palmier ou son banyan chinois. À peine peut-on parler de respiration, tant les tours qui encerclent donnent le tournis. On se croirait une petite goutte au milieu d'une lentille qui tangue, tangue, et déforme tout autour jusqu'à créer une canopée d'immeubles.

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On n'est pas si loin, pourtant, de l'autre canopée, la vraie, celle de la forêt qui me faisait tant rêver depuis que j'avais vu les collines vertes de la baie de Hong Kong depuis l'aéroport, en transit pour Brisbane. Mais la forêt, c'est l'équivalent nature des bancs : une fois qu'on a posé le pied sur les sentiers ou ses fesses sur les planches en bois, l'idée de repos qu'on y associait s'est évaporée. Il n'y a rien à voir, circulez (mais toute de même : le massage des cailloux sous les pieds). Quand la rumeur de Hong Kong s'évanouit de l'autre côté du versant, les oiseaux ont une fenêtre de courte durée : à mi-chemin, on entend déjà Aberdeen, en bas, bruyante de travaux. Un petit bus brinquebalant sur les bretelles d'autoroutes me ramène à Hong Kong. Pour admirer les collines vertes (et fantasmer de ne pas y être), le téléphérique qui survole l'île de Lantau est encore ce qu'il y a de mieux !

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