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27 août 2015

Regarder ses pieds à SF

Passage piéton arc-en-ciel

Ombre sur le sol d'ornements en fer forgé

Beale street

Trottoir Tow away

Moquette du premier hôtel

Pieds de Palpatine à Corona Heights

25 août 2015

In God they trust

Saint Mary's Cathedral vue de l'extérieur

Saint Mary's Cathedral



Mission Saint-François-d'Assise

La plus ancienne église de San Francisco a été fondée par les frères... franciscains. Plutôt évident une fois qu'on le sait. Pas besoin de lever les yeux au ciel, ou plutôt si, dans la première bâtisse, pour observer le plafond peint en hommage aux populations locales. La seconde ressemble davantage à l'idée qu'on se fait généralement d'une église, architecturalement parlant. Un musicien y répète pour un concert d'orgue imminent, une paire de baskets à côté de lui. Une camionnette passe ; on devine sa silhouette à travers le vitrail – et le bruit de la circulation et du vent dans les palmiers lorsque l'organiste s'interrompt. Ce n'est pas le cas, mais, pour un peu, on dirait que les vitres tremblent, prosaïquement, sans aucune intervention divine. Bizarre incarnation de l'Église dans le siècle que cette église dans la ville. Lève-toi et marche en baskets.

 
Grace Cathedral

Moment surréaliste en visitant Grace Cathedral : trois, quatre, dix, vingt, cinquante tapis de yoga, des tapis de yoga partout, dans les allées, entre les bancs, partout, partout, y compris sur l'autel ! L'église était envahie de jeunes (et moins jeunes) venus transpirer corps et âme, guidés par la voix d'un coach très inspiré. Breathe, breathe in the grace… Interloqués, nous sommes restés un moment, en faisant semblant d'admirer le triptyque de Keith Haring (que l'on peut de toutes façons retrouver à l'église Saint-Eustache, à Paris – certes en version argentée et non dorée). Palpatine a fait une vidéo en loucedé, persuadé qu'on ne nous croirait jamais. Est-ce parce que nous sommes athées que nous avons à ce point halluciné ? Quelque part, le sacré l'est encore davantage pour nous que pour les croyants – relique d'une espérance enterrée, qui, par l'absence qu'elle signale, doit nous nous empêcher de sombrer dans le « tout se vaut » et, ainsi, nous préserver de la tentation du nihilisme. J'imagine bien un cartoon dans le style du New Yorker, avec un trou béant, façon bouche d’égout, et un plot de sécurité, le tout légendé : Attention, emplacement sacré – gare à la chute.

 
Saint Mary's Cathedral

Cette église moderne est réellement saisissante. De l'extérieur, déjà, avec les nuages qui filent à toute allure au-dessus de ses courbes, si vite que l'on dirait un time lapse, comme si la Terre s'était emballée dans sa rotation. À l'intérieur ensuite, avec sa croix de vitraux en guise de voûte et ses grandes ouvertures sur la ville, baies vitrées donnant sur des pans de banlieue quadrillées, multitude de vie étalée à ses pieds. C'est incroyablement vide ; rarement mise en scène de l'absence m'aura semblé si spectaculaire et si... sereine. Alors que les églises classiques me terrassent par leurs proportions et que les églises baroques m'étouffent sous le poids de leur ornementation, je me sens dans Saint Mary's à l'abri. Ne serait-ce qu'à l'abri du vent, très prosaïquement. Il y a tant de vent dans cette ville que la nature du silence dans les églises s'en trouve modifiée : ce n'est plus une chape de plomb qui vous impose de chuchoter, c'est la simple privation du vent, une absence de bruit qui soulage et dont le prolongement est un plaisir très doux. À l'abri du vent, on se retrouve à l'abri du bruit, de la ville et de la vie trépidantes, dans un moment de suave mari magno comme en apesanteur – à l'image du mobile suspendu au-dessus de l'autel et dont j'aurais pu contempler indéfiniment le miroitement. Ses baguettes argentées recréaient à merveille les rayons dorés de l'esprit saint sur les tableaux de la Renaissance. Peut-être faut-il que j'aille dans les églises pour devenir sensible aux installations d'art contemporain...

22 août 2015

Street art in SF

Main V

 

Peinture murale, typo

  

Chenille dessinée sur un lambris

 

Les papillons suivent Palpatine - ça fait un mignon curseur, vous ne trouvez pas ?

 

  

Fresque baleine

 

Fresque et escaliers de secours

26 avril 2015

Week-end à Brussels

Lampadaire à la fenêtre. So Magritte, vous ne trouvez pas ?

« Ah ! Mais ici, c'est différent. On n'a pas un président, on a un roi. On n'est pas en France », précise d'un air moqueur le restaurateur1 après que je lui ai demandé une carafe d'eau – concept qui n'existe pas toujours à l'étranger, et pas en Belgique, donc. En Belgique, il y a un roi et des gaufres. Et des speculoos. Et le dernier opéra de Dusapin à la Monnaie, qui motivait ma venue et qui est presque devenu un prétexte une fois sur place, avec @_gohu.

Hugo, aka le lapin, est un scientifique qui n'aime pas l'Art Nouveau parce que ce n'est pas assez carré, et te fait un cours d'optique dans le Thalys pour t'expliquer le maniement de son super appareil photo2 (je pense rester admirative et vaguement envieuse des gens qui savent faire de la photo – trop de calculs et d'ajustements existentiels pour moi). C'est aussi un gentleman qui te prête sa veste parce que le personnel du musée n'a pas voulu te laisser entrer avec ton manteau (encore une question de sécurité – ça mériterait de devenir un sujet de philo à l'ENS, tiens !) et se relève pour aller masquer la lumière du chargeur de téléphone, qui rend la pièce toute verte. Et un sommelier à tisanes qui a raison : le tilleul, c'est très bon (je vous dirai pour les autres ; j'ai embarqué tous les sachets à l'exception de la verveine).

 

Cette photo ne présente aucun intérêt autre que de partager mon étonnement de voir des feuilles de menthe fraîches dans un thé à la menthe (le sachet de thé vert était servi à part pour laisser l'infusion à discrétion). Pour 3,50 €. Avec un speculoos. Pourquoi est-ce que j'habite Paris, déjà ?

 

Reflets Art nouveau dans le-super-appareil-photo, au dernier étage du musée de la Musique.

 

Ce n'est pas toujours évident, en voyage, d'être synchro niveau rythme et envies, mais le binôme lapin-souris s'est révélé une réussite. On était raccord : pour prendre des photos bizarres (les bulles de ta limonade sont assorties aux gouttes de pluie, vas-y, shoote-les !) ; pour repérer les ornements phalliques dans les balustrades en fer forgé des balcons ; pour sécher l'audioguide au musée de la musique et faire des blagues devant des instruments aux formes tarabiscotées (quand on a des ocarinas, il faut laver ses draps avec de l'eau très chaude – j'ai pouffé) ; pour prendre le même plat au restaurant italien (pâtes à la ricotta et cœurs d’artichaut, ça aurait plu à Palpatine) ; pour s'exclamer « Lapin ! » dès qu'on voyait deux longues oreilles dans une vitrine (entre la proximité de Pâques et la densité des chocolatiers à Bruxelles, autant dire qu'Hugo a beaucoup crié au lapin) ; pour embarquer tous les gels douche (Hermès !) de l'hôtel, petits flacons bien pratiques pour la danse et la piscine ; ou encore pour faire un comparatif très sérieux entre la gaufre de Bruxelles et la gaufre de Liège chez Dandoy, supplément chantilly à l'appui3.

 

Après la montre molle de Dali, le violon, mesdames et messieurs. À sa droite, celui de Picasso.
(J'ai aussi une photo visant à prouver que certaines flûtes sont appelées flageolets.)

 

On a vu des lapins, mais par esprit de contradiction, je vous mets ces adorables canards en meringue. Encore une victoire de canard !

 

Il y avait aussi des balcons sans forme phallique, hein.

 

Je situe la gaufre idéale entre les deux : plus moelleuse que la gaufre de Bruxelles, au damier croustillant, mais plus légère que la gaufre de Liège, dense et caramélisée. Il n'est pas impossible que la boule de glace aux speculoos accompagnant la seconde gaufre ait induit un biais dans cette très sérieuse étude. Mais comment ne pas y goûter chez le spécialiste du speculoos ?

 

Rideau de soleil chez Dandoy (premier rayon du week-end).

 

Les pauses gourmandes ne sont même pas des pauses, à Bruxelles ; elles font partie intégrante de la douceur du week-end. La capitale belge a pour un Parisien des allures de ville de province : elle me fait passer la frénésie de tout voir et tout visiter (le musée de la bande dessinée reste un prétexte valable pour une prochaine visite), si bien que j'en garde l'image d'une ville où il est doux de s'ennuyer.

 

Deuxième photo préférée du week-end, depuis le dernier étage du musée de la Musique.

 

Il pleut des cordes sur le génie / De la place / De la Bastille (de Bruxelles, certes).

 

J'ai beaucoup aimé les pommes de pin en fer forgé du musée de la Musique, et alors ?

 

On ne s'est pas trop fait violence, il faut bien l'avouer. Lorsque la femme de ménage a toqué à midi moins dix pour faire la chambre, on s'apprêtait seulement à partir.
– La femme de chambre est hyper mignonne, commenté-je spontanément une fois la porte refermée sur une jeune femme souriante.
– Tu ne peux pas dire ça.
– Pourquoi ?
– On est au Sofitel...

Je ne sais pas si c'est le Sofitel qui veut ça, mais le personnel arbore en permanence une mine contrite, comme s'excusant à l'avance d'un possible mécontentement. Au check-in, l'hôtesse d'accueil, nous prenant probablement pour un couple, fronce les sourcils en regardant la réservation, puis, relevant la tête, demande d'une petite voix : « Vous avez demandé deux lits séparés ? » On confirme, son visage se détend, pour se crisper à nouveau deux secondes plus tard : « il y a bien deux lits séparés, mais ils sont collés ; doit-on chercher et préparer une autre chambre ? » Elle attend notre réponse, sourcils froncés, et j'ai envie de lui dire, relax max ! C'est mauvais pour les rides, toute cette contrariété. En vacances, passé entre les gouttes, gâté de quelques rayons de soleil, avec du chocolat et un bel opéra, par quoi pourrait-on bien être contrarié ?

Ah, si ! Par la linguistique. Je me suis fait reprendre par Hugo à chaque occurrence de gaufre de Bruxelles, arguant qu'il fallait prononcer la ville comme Auxerre, avec deux « s ». J'ai protesté-persiflé à grands renforts de kss, kss, ksssss – en vain : les linguistes sont formels, on dit bien [brussel] et non [bruksel]. Autant Manneeken-pisser dans un xylophone, je retournerai à Bruxelles, kss, kss, ksss.

 

Coca-Cola cariatides

Coca-Cola-cariatides

 

Above

 

Je dois avoir une photo de ce genre pour chaque ville où je suis passée, depuis Toronto, où j'avais été frappée par le contraste d'un building et d'une vieille vieille, ainsi que le reflet de celle-ci dans celui-là.

 

J'aime toujours beaucoup la lumière des vitraux - souvent moins leurs dessins, trop plein d'épines et de saints pour moi. Ces motifs géométriques m'ont ravie, et le fait que chaque vitrail ait le sien propre, sans qu'il y paraisse.

 

Même s'ils sont très prosaïquement enduits d'un revêtement protecteur, ces arbres en chaussettes blanches m'évoquent Magritte.

 

Partition pour pigeons

 

À prononcer à voix haute (je décline toute responsabilité en cas de soudaine envie de glace).

 

La rue de la Huchette locale

 

 

Trompe-l’œil de modiste

 

Arbre d'indécision anarchiste.

 

Rien à faire, j'ai l'impression que ce chevalier joue à Super Mario Bros (reste plus qu'à dessiner un niveau avec des gaufres à la place des briques).

 

Je vous laisse sur ma photo préférée du week-end, carte postale en contrejour.

 
1 Des Nourritures terrestres (même sans avoir lu le roman de Gide, j'adore), recommandé par @meliemeliie, que je n'ai pas pu rencontrer car elle était en vadrouille. Il faudra revenir (comme si je n'en avais pas déjà envie).
2 La preuve que le grand angle n'est pas fait pour les portraits a été faite à mes dépends – avec un plus gros nez qu'aucun membre de ma famille n'aura jamais. Si cette photo est diffusée, je fais du lapin à la moutarde et aux amandes.
3 Cette période me fait sentir un peu sale, très blogueuse-qui-écrit-à-l'infinitif-du-premier-groupe (@melendili comprendra).