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06 juillet 2005

Soirée Roland Petit - Le Jeune homme et la Mort

Suit Le jeune homme et la Mort. Le décor est omniprésent, il fait partie intégrante de la chorégraphie et offre de beaux moments comme l'envolée depuis la table renversée, la chute d'une chaise ou les pas esquissés par le jeune homme lorsqu'il se redresse sur son lit. Un décor de théâtre pourrait-on dire. Et il est vrai que le ballet apparaît comme une pièce. Sans parole, certes. Mais qu'est la danse sinon un langage artistique ? Le dialogue des corps occupe l'espace et dessine l'histoire. Une histoire sans vraiment d'action : celle d'un jeune homme, qui attiré et repoussé par une femme est conduit au suicide. Cette situation donne lieu à de formidables portés, à l'instar de celui où Eleonora Abbagnato, en écart suspendu à quelques centimètres du sol se tient aux hanches de Jérémie Bélingard qui ondule latéralement.

Pour une fois, ce n'est pas l'homme qui mène le jeu mais bien la femme. La femme est fatale car séduisante avec sa coupe à la garçonne et ses gants noirs qui tranchent sur la robe jaune. Elle est aussi fatale de par son incarnation de la Mort. Elle dirige son homme, le manipule, le tient par la gorge. Totalement dominé, il suffoque (ou serait-ce un effet de la cigarette qu'elle fume, provocante ?). La femme l'envoie droit à elle - droit à la Mort : il se pend (l'artifice scénique fait frémir). Le décor se soulève alors dans les airs pour faire place à celui des toits de Paris. La Mort, en longue robe blanche et rouge lui enlève la corde du cou. D'une démarche magistrale, le doigt pointé en avant, elle le fait avancer devant elle. Il marche parmi les toits, tel un somnambule. Sa salopette bleue est en totale inadéquation avec le monde qui l'entoure. Un homme malmené par l'amour reste incompris dans un monde de lumières et d'industrie, symbolisé par la tour Eiffel sur laquelle l'enseigne Citroën clignote.


Eleonora Abbagnato a été cynique et cruelle dans son rôle de la Mort. Peut-être aurait-elle pu se montrer un peu plus provocante... Jérémie Bélingard, en revanche, a été totalement déchirant, exprimant parfaitement les états successifs du Jeune homme.

 

De nouveau un entracte de vingt-cinq minutes.

 

Soirée Roland Petit - L'Arlésienne

Une soirée au palais Garnier est toujours un véritable enchantement. Après un rapide dîner à la Brioche Dorée la plus proche (ils devraient faire des formules spectacle-dîner), nous entrons dans le temple de la danse et prenons place à bord des baignoires. Décollage imminent au pays des étoiles. J'ai quand même le temps de feuilleter le programme que j'achète à chaque fois, c'est un véritable livre. Hum... déjà l'eau à la bouche.
Le rideau se lève sur l'Arlésienne. Selon l'argument donné dans le livret, un homme aime une paysanne et souhaite l'épouser mais il apprend par son fiancé qu'elle est déjà engagée et finit par se suicider (bond magistral d'Alessio Carbone, fou de douleur). Les sentiments sont "lisibles" dans la danse mais il manque à mes yeux un élément majeur : à aucun moment le spectateur ne peut supposer l'annonce de l'impossible mariage. Ma petite maman qui m'accompagnait et qui n'a pas eu accès au programme (nous n'étions pas à côté) a interprété l'ensemble comme la traduction de la folie de Van Gogh, aidée en cela par un de ses tableaux en décor. La paysanne serait alors la folie à laquelle le peintre tente de résister. J'aime assez cette idée.  Le ballet, relativement court (trente-huit minutes) est simple comme ses protagonistes. Le corps de ballet s'illustre dans de beaux tableaux, rapprochant et éloignant tout à tour l'homme et la paysanne. Les jeux sur les pointes flex, quelques rondes et surtout les danses en une ligne impeccable ne sont pas sans évoquer certaines danses  traditionnelles.  
Entracte de vingt-cinq minute, juste assez pour échanger ses impressions.

25 juin 2005

Journée d a/e nse

Quelle journée qu’hier ! ! Tout a débuté avec l’idée d’aller prendre un cours de danse à Paris. Mais l’oubli d’un élément majeur –le début des soldes- a constitué un contre-temps qui s’est mué en obstacle. Pour nous dédommager de notre peine – soleil + voiture + embouteillages + collant pour être plus rapidement prête pour le cours = je vous laisse imaginer les dégâts – nous sommes allées faire des courses.

Première étape, Stanlowa. Rien, puisque j’ai la mauvaise idée de chausser du 41.

Deuxième étape, la rencontre avec un fabriquant de pointes sur mesure. Un homme étonnant possédant une analyse très poussée de son monde. Et de celui de la danse par la même occasion. Le paragraphe qui suit n'intéressera que les danseuses, j'autorise par conséquent les autres à le sauter. ;-) Il n’est pas normal d’avoir mal dans des pointes -> elles ne sont donc pas adaptées au pied. On s’est mis dans la tête que, pour danser, il fallait souffrir et forcer. On pense que les semelles dures font plus travailler le pied. Faux, elles l’abiment. Le problème majeur réside dans l’espace qu’occupe le pied. Trop grand, le pied frotte en permanence contre les parois du chausson –bonjour les ampoules. Pour se tenir en équilibre, la danseuse crispe instinctivement les orteils. Lorqu’elle les détend, elle est deséquilibrée en arrière et n’est donc plus sur son plateau. (je vous assure, faîtes le test, moi-même j’étais sceptique). La solution serait donc un chausson totalement ajusté au pied, ce que ne permet pas le prêt-à-porter des grandes marques. Avec une telle pointe, plus besoin de semelle de fer. Le hic, c’est que l’on est programmé ainsi dès que l’on a travaillé sur pointe… et qu’il va donc me falloir un certain temps d’acclimation. Ce que l’artisan (ou physicien avec sa blouse blanche) me propose de faire en douceur en « bricolant » d’anciennes paires de pointe… Formidable ! Nous sommes restés un assez long moment à discuter dans son « humble échoppe », notre artisan étant aussi chaleureux qu’intelligent. Je suis ressortie de là de bonne humeur, ravie que quelqu’un se soit penché si sérieusement sur un problème que beaucoup considerent comme inexistant.

Troisième étape. Il me faut quand même des pointes pour le concours… Direction Sansha… Et là, de vraies soldes –c’est féminin ou masculin ce mot ?. Des justaucorps à 3 euros ( de 22 à 40 euros neufs pour vous donner une idée). J’en ai pris cinq, tous géniaux. Voilà queqlques changes pour mon stage de danse aux US !

Quatrième étpae : Adage au Vésinet. C’est là que je trouve mes demi-pointes préférées, légères et résistantes (elles ont tenu l’année !) . Par la même occasion deux petits hauts très sympas. Et des rejouissances en perspective avec l’arrivée prochaine de la nouvelle collection Dimensione Danza !

Puis passage à Monoprix pour acheter une bouteille d’eau et des fruits. Dîner rapidoss à Parly 2, où je croise une copine de danse puis cinéma.