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29 novembre 2007
Le soleil vissé, en guise de monocle, à mon oeil écarquillé
* titre=citation de Maïakovski *
19:19 Publié dans Cheese ! *flash* | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
24 novembre 2007
DS, la passion(née) du chocolat
[Je ne pouvais décemment pas prétendre avoir la passion de la finesse.]
Qu’on n’aille pas me faire croire que le travail intellectuel est déconnecté des passions, c’est peine perdue, je ne vous croirai pas. D’expérience. Il suffit de voir dans quel état de nerfs me met un DS. La distinction intellectuel/passionnel ne vaut que pour faire la part des choses, la cerise sur le gâteau, somme toute – qui comme toute cerise sur un gâteau est décorative, inbouffable qu’elle est – les innombrables couches de sucre parviennent à vous faire douter qu’il y ait bien eu un fruit à l’origine. Le gâteau nommé désir DS est fait de couches successives de dures pensées et de passions crémeuses, i.e. écoeurantes. Qu’on réussise à l’avaler ou qu’il y ait massacre à la petite cuillère, les nerfs sont toujours à vif.
Ecoeurée la semaine dernière, j’ai vomi toutes les notions philosophiques que j’avais ingurgité la veille, dont je m’étais saoulée jusqu’à tomber de sommeil. Le coma éthylique n’a pas porté conseil, puisque la crise de nerf a éclaté le lendemain, puérile et certainement agaçante pour ceux qui se sont tant bien que mal mesurés à « A quoi peut-on donner un sens ? ». Ma réflexion sur le sujet a rapidement buté : à quoi peut-on donner un sens ? Certainement pas à cette dissertation, à moins d’y voir l’expérience de la misère, certes non pas humaine, mais assurément khâgneuse. Malgré tous les efforts de la Bacchante pour me calmer – chocolat chaud compris- j’ai rendu copie blanche. Et vérifié à cette occasion combien cette expression est inappropriée, puisqu’on ne rend pas même une feuille blanche. La conscience étant le pire invention qui ait jamais été intentée, j’ai refait ou plutôt fait ladite dissertation le dimanche après-midi. A suivre. Comme un mauvais feuilleton.
Forte de cette expérience, j’ai dîné fort légèrement hier, grignotant jusqu’à une heure peu avancée dans la nuit (mais dans la nuit tout de même étant donné que la nuit tombe à cinq heures – oui, la chute fait mal) des tartines de citations que j’ai aussi élégamment que possible vomi sur ma copie ce matin. Le gâteau est donc très bien passé –mais non pas dans l’indifférence. J’étais survoltée. L’enivrement n’était en rien causé par le parfum de mon voisin, mais par l’enchaînement des idées. Surexcitée comme une puce, je suis allée à sauts et à gambades, de Proust à Montaigne. Cette fois-ci, personne ne jouait une cacophonie de larmes sur mes nerfs, c’est moi qui tenait l’archet – et je puis vous dire que mes sauts et gambadages (Word est un ignare qui me souligne « gambadages » - n’a-t-il donc jamais vu le sketch de Gad Elmaleh ?) ne trahissaient en rien la danseuse qui sommeille en moi. Grosse caisse et compagnie ; ça finit en fanfare : « « Les beaux livres […] écrits dans une sorte de langue étrangère » dont parle Proust ne peuvent être que ces éditions de luxe richement reliées que collectionnent sans les lire les gens qui sont bibliophiles à défaut d’être littéraire. » Et ça m’amuse.
La conclusion devrait en bonne logique être en rapport avec le début de l’article et vous confirmer que les DS du samedi matin attaquent pensée et passion sont indissociables CQFD. Mais, ainsi que vous venez d’en faire l’expérience, mes conclusions sont rarement exactement dans la droite ligne du sujet. C’est comme un trait d’eye-liner, il faut finir par une virgule. Je vous dirai donc, citation à l’appui (toujours se garder une petite citation sous le coude pour finir – ici il suffit de le lever pour la délivrer) : la vérité n’est pas, comme Rabelais le pensait, « au fond de la bouteille », mais dans le sandwich nutella-chocolat. [Pour plus de détails sur ce qui s’est miraculeusement substitué à l’orthodoxe sandwich au fromage, laissez vos cris affamés en commentaire].
15:50 Publié dans Souris de laboratoire | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
22 novembre 2007
Le Dernier Jour d'un Khâgneux XII
Je suis revenu m'asseoir précipitamment à ma table, le nez dans mes notes. Puis mon effroi de lycéen s'est dissipé, et une étrange curiosité m'a repris de continuer la lecture de mon grimoire.
À côté du volume des Admis, j'ai écarté le petit profil rouge sur Le Dernier Jour d’un Condamné, tout amaigri par la synthèse avide d’un professeur soucieux d’arrondir ses fins de mois, et renversé au bord de l’étagère métallique. Dans le volume des Grands Admis, il y avait quatre ou cinq noms parfaitement lisibles, parmi d'autres dont il ne reste rien que la calligraphie indéchiffrable de leur thèse. - DAUTUN, 1975. -- POULAIN, 1998. -- JEAN MARTIN, 2001. -- CASTAING, 2003. J'ai lu ces noms, et de lugubres souvenirs me sont venus. Dautun, celui qui a coupé son oral en plein milieu pour s’excuser d’avoir dit « un pont de bois » au lieu d’un « pont en bois », et qui alla jusqu’à la connaissance d’ébeniste ; Jean Martin, celui qui a tiré le gros lot grâce à Cicéron ; Castaing, ce génie qui a empoisonné son jury en décortiquant l’effigie du grêlé moustachu dans la révolution culturelle ; et auprès de ceux-là, Papavoine, l'horrible fou qui tuait Aristote étant et non-étant philosophe !
Voilà, me disais-je, et un frisson de fièvre me montait dans les reins, voilà quels ont été avant moi les hôtes de cette vénérable institution. C'est ici, sur le même lino où je suis, qu'ils ont pensé leurs dernières pensées se pensant comme pensées pensées et non révisées, ces admis panthéonisés ! C'est autour de ce rayonnage, dans ce cdi à peine chauffé, que leurs derniers pas ont tourné comme ceux d'une bête fauve. Ils se sont succédés à de courts intervalles ; il paraît que la khâgne ne désemplit pas. Ils ont laissé la place vacante, et c'est à moi qu'ils l'ont laissée. J'irai à mon tour les rejoindre rue d’Ulm, où l'herbe est toujours plus verte !
Je ne suis ni visionnaire, ni devin, malheureusement, il est probable que ces idées me donnaient un accès de fièvre ; mais, pendant que je rêvais ainsi, il m'a semblé tout à coup que ces noms fatals étaient écrits avec du feu sur le grimoire sacré ; un tintement de plus en plus précipité a éclaté dans mes oreilles ; une lueur rousse a rempli mes yeux ; et puis il m'a paru que la khâgne était pleine d'admissibles, d' étranges khâgneux qui portaient leur couronne de laurier sur la tête, parce qu'ils n’avaient plus de poignet encore vigoureux. Tous me montraient la porte, excepté le philosophe fou qui ne m’en montrait que l’idée.
J'ai fermé les yeux avec horreur, alors j'ai tout vu plus distinctement.
Rêve, vision ou réalité, je serais devenu fou, si une impression brusque ne m'eût réveillé à temps.
J'étais près de tomber à la renverse lorsque j'ai senti atterrir sur mon pied une arme tranchante, feuilles d’automne ; c'était le profil que j'avais mal rangé et qui s'était suicidé.
Cela m'a dépossédé. - Ô les épouvantables spectres ! - Non, c'était une fumée, une imagination de mon cerveau vide et convulsif. Chimère à la Marx ! Les admis sont admis, normaliens surtout. Ils sont bien divinisés dans le panthéon. Ce n'est pas là un temple auquel on atteint. Comment se fait-il donc que j'aie eu peur ainsi ?
La porte du temple ne s'ouvre pas sur le chemin de traverse.
21:36 Publié dans Souris de laboratoire | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
Le Dernier Jour d'un Khâgneux I
Sur une idée d'un khâgneux qu'Hugo avait traumatisé, voici la torture de son célèbre texte.
Khâgne Ulm
Le concours !
Voilà huit mois que j'habite avec cette pensée, toujours seul avec elle, toujours glacé de sa présence, toujours courbé sous son poids !
Autrefois, car il me semble qu'il y a plutôt des années lumières que des mois, j'étais un lycéen comme un autre lycéen. Chaque jour, chaque heure, chaque minute avait son idée. Mon esprit, jeune et riche, était plein de fantaisies. Il s'amusait à me les dérouler les unes après les autres, sans ordre et sans fin, brodant d'inépuisables arabesques cette rude et mince étoffe de la vie. C'étaient des filles, de splendides minijupes, des batailles gagnées à la cantine, des salles pleines de bruit et de lumière, et puis encore des filles et de sombres palabres le matin sous les larges bras des marronniers de l’avenue de Paris. C'était toujours fête dans mon imagination. Je pouvais penser à ce que je voulais, j'étais libre.
Maintenant je suis captif. Mon corps est courbé sur une table, mon esprit est mis à la torture par une idée. Une horrible, une sanglante, une implacable idée ! Je n'ai plus qu'une pensée, qu'une conviction, qu'une certitude : le concours!
Quoi que je fasse, elle est toujours là, cette pensée infernale, comme un spectre de plomb à mes côtés, seule et jalouse, chassant toute distraction, face à face avec moi misérable, et me secouant de ses deux mains de glace quand je veux détourner la tête ou fermer les yeux. Elle se glisse sous toutes les formes où mon esprit voudrait la fuir, se mêle comme un refrain horrible à tous les corrigés qu'on m'adresse, se colle avec moi aux grilles hideuses des carreaux Seyes ; m'obsède éveillé, épie mon sommeil convulsif, et reparaît dans mes rêves sous la forme d'un note cruelle.
Je viens de m'éveiller en sursaut, poursuivi par elle et me disant : -Ah ! ce n'est qu'un rêve ! -Hé bien ! avant même que mes yeux lourds aient eu le temps de s'entr'ouvrir assez pour voir cette fatale pensée écrite dans l'horrible réalité qui m'entoure, sur la dalle sale et suante de ma salle de cours, dans les rayons de Gaffiots martyrisés, dans le grésillement du néon, sur la sombre figure du khâgneux désigné pour passer au tableau dont l’intelligence et la terreur reluisent à travers l’incertitude de ma lassitude, il me semble que déjà une voix a murmuré à mon oreille : -Le concours !
21:33 Publié dans Souris de laboratoire | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
21 novembre 2007
Je rentre dehors.
J’ai poussé successivement la porte du dictionnaire de littérature, de la bibliothèque, du bâtiment puis du lycée. Je suis rentrée dehors. Comme d’habitude, au signal du bip de la porte, l’avenue de Paris s’est déployée devant moi en un gigantesque pop-up. Avec klaxon, couleurs de la glace vespérale déclinante et pollution intégrée. Un praticable pour pouvoir avancer le long des décors cartonnés, pour qu’au milieu des maisons illusions se perde la mienne, la seule bien réelle dans laquelle je m’essayerai à mon bureau comme un Playmobil sur sa chaise. Toujours est-il que je traverse l’animation. Le froid entoure ma tête et oblige mes frileuses pensées à se rétracter. En un joyeux bazar. Mais soufflées, elles ne disent mot ; la stupeur les rend muette et me rend la parole. Elles se taisent et je peux suivre les lignes de l’architecture urbaine. Carré, rectangulaire, arrondi, reposant. Je suis simplement. La mécanique de mes pas. Je tâte le sensible mais il ne me touche pas. L’écho vibrant de mes pas s’arrête quelque part entre le nombril et mes côtes – les jambes en eaux internationales. Froid existant. Tout à l’heure mes pensées se dilateront dans la chaleur de l’appartement. Je suis simplement. Eparpillement.
Désordre ordonné ? Infini infiniment moins infini que l'infini qui le comprend sans en être une partie ? Pascal ? Le silence de ces espaces infinis m'effraye. Les feux des voitures aussi, par contrecoup. Et ces journées terriblement finies pour une tâche qui ne l'est pas. Tache de jus de mangue. Pas idée de goûter au lieu de se nourir de la susbtantifique moëlle du style littéraire. Purs esprits - très fantômatiques.
Je deviens folle. Mais ça, vous n'avez pas besoin de moi pour vous en rendre compte. Enfin si. Mais non. Bref.
Dès fois, je voudrais réfléchir comme un miroir. Folle et feux follets.
17:30 Publié dans Of mice and writing , Souris de laboratoire | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
15 novembre 2007
Sans sévérité
En deux heures au CDI, accrochée à mon stylo, tout en me bouchant les oreilles pour ne pas être parasitée par les remarques des documentalistes [malheureusement, la partie du CDI que l'on peut considérer comme chauffée est également la plus passante et, partant, la plus bruyante (sauf quand nous nous agrégons en troupeau bêlant, râlant, et riant aux éclats de nerfs )], j'ai parcouru un bouquin que m'avait prêté Elendili ( la pro des bibliothèques, qui réussit à vous dénicher l'exemplaire qui n'a pas encore disparu dans la ruée khâgneuse, quand le prof a la bonne idée d'attendre le lundi du samedi où a lieu le DS pour nous fournir une bibliographie -substantielle, il va sans dire). J'ai donc parcouru l'ouvrage, où il était en gros question du sens et du langage...bla bla bla... Le langage se définit comme un système de signes, clos sur lui-même, à l'intérieur dusquel les mots prennent sens les uns par rapport aux autres...bla bla bla...Ce système de relation... autoréférentiel... bla bla bla... fait que différents langages peuvent n'être pas traductibles. Vous ne traduirez pas en mots le langage musical- à moins de vous appeler Proust et d'avoir trouvé votre sonate de Vinteuil. Tout ça pour vous dire que j'ai vérifié la théorie via le langage du sens gustatif. Et bien, je vous assure, le sens profond d'une tartine de pain Poilâne grillée, tartinée de Nutella et réhaussée d'une banane écrasée à la fourchette, ne se comprend que dans l'expérience même de la chose, et se déguste dans le contexte d'une semaine bien chargée.
18:00 Publié dans Souris de laboratoire | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
05 novembre 2007
Dis-moi quelle est ton unité...
Si tu comptes en mot, c'est que tu apprends ton vocabulaire latin.
Si tu comptes en lignes, c'est que tu fais de la version.
Si tu comptes en pages, c'est que tu passes ton temps à le retrouver - madeleine à l'appui ?
Si tu comptes en chapitres, c'est que tu élucides Aristote.
Si tu comptes en polys, c'est que tu désespères de finir les relations internationales.
Si tu comptes en épisodes, c'est que tu t'es plantée devant Sex and the City.
Si tu comptes en macarons, c'est que tu as ton compte et qu'il est bon.
13:51 Publié dans Souris de laboratoire | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
01 novembre 2007
Mister From-The-Bridge
Coz’ he’s worth it.
From-The-Bridge, our English teacher, is soooo British. Toujours le mug de thé à la main, les bésicles sur le nez et l’unilingue à la bouche. Réfractaire à la technologie : no cell phone, no computer, not even a typewriter. La plume et la matière grise – légère concession au bic, cette invention ô combien moins diabolique qu’internet. Parce que la souris, c’est bien connu, est beaucoup plus vicieuse que le serpent ; les lianes du web descendent de l’arbre du péché, pour preuve le logo d’Apple. Pomme + C, Pomme +V : y’a-t-il rien de plus cabalistique ? Mais sait-on jamais, pour conjurer tout pépin, mieux vaut étudier passionnément (sens christique du terme) la littérature religieuse du XVIème siècle et renouer avec les valeurs fondamentales : « I’m sorry, good brother. Do thou forgive me? – Yes, I forgive thou, good brother. » Good Lord! Références bibliques Bible à l’appui. But be careful : on ne psalmodie qu’en King James’ version. « Si un inspecteur venait maintenant, il aurait du mal à croire que c’est un cours laïque. » Thou shalt not kill your teacher.
Et pourtant, et pourtant… il semblerait qu’il soit sous l’influence néfaste de Dorian Gray. He’s yieding to temptation. Imaginez-vous, il a succombé à la pression familiale (oui, celui qu’on imaginait divorcé, en robe de chambre avec un chat est en fait marié avec un enfant – you see, you can’t judge a book by its cover) et a acheté un Personal Computer. Avec tout le zèle du débutant, il nous cherche les textes religieux en vieil anglais. Retour à la vertu par le vice ; il établi de drôles de pont From-The-Bridge.
On a l’impression de remonter le temps. La montre à gousset qu’il pose devant lui, sur une table de khâgneux, et non le bureau du professeur, est déposée sur le coin, et la chaîne dorée étirée sur la longueur de la table, de manière à former une boucle régulière. Pas plus maniaque que MARGE A DROITE ! Le cri du cœur qui un jour fera faire une crise au notre (à moins que le grille pain n’attaque avant. Excellent radiateur d’appoint, les tranches sautent toujours quand vous vous y attendez le moins, un peu comme dans les films à supsens, la BO ayant été confiée à la bouilloire. Les tranches attaquent véritablement, avec une force inquiétante. Elles m’ont parfois eue, mais j’ai plusieurs fois eu ma vengeance quand dans leur excès de zèle, elles se sont retrouvées à se suicider sur le carrelage (sans même de confiture au kiwi du jardin de mon papa) plutôt qu’à me brûler les mains.) Où en étais-je ? A oui, les marges à droite. Il faut les faire bien grandes, parce qu’avec un peu de chance, on y retrouve des petits dessins. Le mot et l’image, très pédagogique. L’humour anglais aussi, il faut croire.
Devoir sur table à vous voulez le faire par terre ?
« la rangée d’arbre qui traversaient la plaine » (terrible l’étourderie d’accord) à sur leurs petites racines bien entraînées ?
Blablablablabla (très exactement cinq fois, oui).
Soyons honnêtes, en cours de version, il y a de quoi s’amuser. Nous avons le génie du loufoque. Une mention particulière à Calliope, qui, sur un texte de pendaison, avait habillé le bourreau d’un « costume blanc moulant ». Vous le visualisez, le bourreau des années 50, croisé avec M. Loyal, un gilet à paillettes et une moumoute sur la tête ?
Les cours de littérature sont moins drôles. L’humilité chrétienne qui a dépassé l’humiliation, dès 10 heures du matin, j’ai un peu de mal. Alors on parle par écrit (ce sont les petits mots idiots et les cadavres exquis dessinés) ou par oral, mais alors on encourt le courroux du saint professeur. Si on devait le statufier, il faudrait immortaliser ce regard agacé, las, persuadé d’un complot historico-philosophique contre les langues, comme d’autres d’un complot judéo-capitaliste ou hitléro-trotskyste. Et il nous le fait savoir d’une voix de Calimero désabusé et lucide, quoique toujours vaillant. Très patience du concept comme garçon. A l’écoute des propositions <dash> même si elles sont invariablement accueillies du sempiternel yessssss….. but no <dash>, il fait souvent la police et verbalise les bavards. Les idées circulent sur son autorité ; planté au carrefour, il fait passer à droite, mais stoppe la gauche. Tête détournée, main flex, c’est la politique de containment du bavardage. Mais le flux redouble par cette position même. You’d betterrrrrr STOP ! La comédie musicale a surgi devant moi, dans la salle de classe, à la façon d’un spot pour mamie Nova. Ecroulées sur nos tables, on reprend le refrain en silence. You’d better stop… Comment ça, je me fais des films ? Damned. C’est long l’éternité, surtout sur la faim fin.
12h : délivré par le coup de gong : Off the Bridge !
11:32 Publié dans Souris de laboratoire | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note



















