11 juin 2006
On en tient une couche

Ceci est une IMAGE de tartine, pour commencer. Une représentation.
Mais bien plus encore, ceci est une métaphore -collante. Ceci est l’objet de vos pires cauchemars. Le symbole de la loi de Murphy. La tartine qui tombe toujours du côté du beurre, à l’exception notoire de la fois où vous pariez qu’elle tombe du côté du pain (à moins que vous ne vous joignez au pari d’un ami en pensant qu’elle va tomber du côté du pain, auquel cas, elle se fera un plaisir de vous offrir une belle tâche à nettoyer). L’emmerdement maximum est une loi, si, si. Pas au sens d’un commandement moral (le premier qui me rappelle le rapport avec la morale, le devoir et autres amuse-gueules, je lui fait bouffer sa tartine), mais au sens d’un loi physique.
Il est tant de filer – pas à l’anglaise avec un scone, je vous ai vu, là, oui, vous…- mais en métaphore et basses considérations. Tout l’art de la tartine réside dans la confiture : car il est bien connu que la culture, c’est comme la confiture, moins on en a, plus on l’étale. Oui. Mais c’est sans compter sur la loi de la tartine : non contente que l’on sache peu, elle nous conduit à oublier (mais pas version Bergson avec la conservation du souvenir dans l’inconscient, ce serait trop beau : là il y a encore possibilité de repêcher ce qui (porte la) poisse.) La mie comporte des trous (rappel de l’année dernière : sous l’action de la levure, ça gonfle, le CO2 prend de la place et quand il s’en va, c’est cuit, et y’a des trous – que c’est loin le programme, c’est p’tet pas tout à fait ça… nevermind): c’est tombé par les trous de la tartine. Phrase favorite de notre chère prof d’histoire qui a tenté de combler les trous : elle a du mérite, parce que les manques sont d’origine, cuits en même temps que le pain !
D’où des variations sur le thème –poétique ?- de la tartine (aussi appelée beurrée dans certains coins du pays de la baguette – ‘saviez pas ça, bande de croûtons ?). Et pseudo alléchants :
Bachoter ou comment s’apercevoir que les trous de la tartine sont plus grands que la tartine (rendons à César ce qui appartient à Dre – vous pensez à Mission Cléopâtre ? moi aussi).
Réviser ou comment s’apercevoir qu’il y a trop de confiture pour la tartine… écoeurant
Moins bien j’en conviens, mais c’était pour faire le pendant.Sur ce, je vous laisse savourer votre dîner : ayez une petite pensée émue pour tous les bacheliers qui vont déguster pendant la philo, demain matin. Acounamatata.
20:41 Publié dans La souris-verte orange | Lien permanent | Commentaires (14)
06 juin 2006
Champ sémantique (miné –et minant) des révisions
Toute bonne digression dissertation commence par une définition du ou des mot(s) clef. On sort de suite un joker et on demande le Petit Larousse. Ledit dictionnaire nous informe de ce qui suit :
Révision n.f. 1 Action de réviser.
Ca, ça s’appelle de la paraphrase et c’est grandement à éviter le J-J (non, ce ne sont PAS les initiales du précurseur du journal intime livré à l’injustice du monde extérieur). Continuons.
Réviser v.t. (lat. revisere) 1. Examiner de nouveau, pour modifier s’il y a lieu ; revoir. Réviser son jugement.
2. Examiner en vue de réparer ; remettre en bon état de marche. Réviser un moteur.
3. Revoir ce qu’on a étudié, afin de bien l’avoir en mémoire lors d’un examen, d’un concours.
A priori ce qui nous intéresse est la troisième. Mais la deuxième rappelle que le cerveau est un muscle qui s’entretient ; tandis que la première est forte intéressante en ce qu’elle suggère que l’élève est amené à faire quelques modifications dans ses souvenirs (ne pas oublier le premier l de Pflimlin, par exemple). On touche là au nœud du problème (insertion presque discrète de la problématique) : il faut la présence de souvenirs. Ce léger détail montre que la conception de l’acte de réviser n’est pas la même pour tout le monde.
Toutefois, commençons par ce qui est partagé : le ressenti sur la quantité de la masse du poids du… bref de la charge de travail à abattre. Vous noterez en effet qu’il n’y a que le dictionnaire pour mettre ce mot au singulier. L’élève qui aurait une révision à faire serait l’un des rares redoublants détenteurs d’une automobile (qui leur permettre d’être autonome, i.e. de se fixer des lois à eux-mêmes pour… pas de révision inopinée de la liberté ? ah bon, dommage) qui devrait passer chez le garagiste. Passons, justement. Passons à sur la vision quasi platonicienne de la révision : il n’y a pas que le désir qui puisse être comparé au tonneau des Danaïdes…
Passé ce rappel de l’opinion commune, attaquons par derrière. Certains qui, au lieu de travailler de façon assidue et régulière, ont trop traîné sur Skyblog, ont adopté une vision du temps comparable à cette interface [ Si vous n’avez pas testé les « Votre article sera publié dans quelques minutes » et attendu quelques heures, vous ne pouvez pas réellement comprendre ]. Ils ont donc mal apprécié la distance jusqu’au bac à sable. Pour ceux-là, le préfixe « re » est un souci : ils n’ont plus que des visions. Et comme on est loin d’être dans un songe d’une nuit d’été, les hallucinations sont plutôt cauchemardesques. On pourrait même dire que c’est la logique d’un cauchemar… ambiance kafkaïenne de rigueur.
Les sérieux commencent par ré-apprendre. Mais un phénomène curieux fait son apparition (observez bien la métamorphose ) : ré-apprendre, re-lire, re-voir. On revient insensiblement à l’étymologie du mot : l’élève jette négligemment un coup d’œil sur le tas de classeurs, survole les feuilles (si elles ne se sont pas déjà envolées, soulevées par une douce brise d’été) et déclare qu’il les a vues. Ce qui est, vous en conviendrez, parfaitement vrai.
Il n’y a plus guère qu’un problème : les examinateurs sauront-ils que nous avons exercé notre regard à capter toute la poétique de la feuille de cours ? Car notre œil aguerri sait maintenant du premier coup d’œil reconnaître s’il s’agit d’un polycopié,
de l’écriture de son voisin de classe qui lui a prêté ses cours,
de la calligraphie du premier de la classe à qui il a emprunté le manuscrit pour le photocopier (et éventuellment le lire)
ou plus rarement de sa propre plume.
L’étape la plus dure : la conclusion. Qui doit non seulement conclure mais aussi ouvrir. A la lumière enténébrante de ces réflexions, nous pouvons tous voir l’évidence, c’est dur. Pour l’ouverture, vous pouvez toujours ouvrir la fenêtre, parce que je m’en vais aller mettre en pratique toutes ces belles théories.
Je m'excuse par avance -d'accord, à la fin- auprès de mes lecteurs qui ne seraient pas en Terminale et ne peuvent par conséquent saisir toutes les nuances d'effroi que peut éveiller un tel article.
21:00 Publié dans La souris-verte orange | Lien permanent | Commentaires (5)





















