03 décembre 2006
De l’art de dormir en cours
Puisque nous sommes dans la thématique de l’oreiller, autant continuer et se lover dans les bras de Morphée. Nous avons pu observer au cours de ces dernières semaines –et particulièrement dans les périodes de pointe que sont les dissertations- diverses façons de dormir en cours.
La plus classique consiste bien entendu à croiser les bras et y enfouir sa tête ; méthode répandue mais toujours efficace, à utiliser à l’aide de voisins plutôt dissimulateurs grands.
La plus culottée est le reprise de la recette classique, appliquée au premier rang. La prof de latin balaie la classe du regard pour trouver sa prochaine victime élève à interroger : « Hum… LadyLust, je l’ai déjà interrogée en grec, Incitatus est passée hier, J. ce n’est visiblement pas la peine de lui demander quoi que ce soit… » J. n’a pas sursauté d’un demi millimètre à son nom et une vérification express de son voisin de table nous a autorisé un petit rire… qui n’a toujours été suivi d’aucune réaction.
La plus rapide s’intercale très bien entre deux private stale jokes du prof d’histoire ou deux phrases assassines de notre flingueur d’anges. Il suffit de caler sa tête dans sa main, coude sur la table et de reposer ses paupières quelques instants. Particulièrement appréciable si vous avez les cheveux longs. Ne pas oublier de se placer à la droite du professeur si vous gaucher, à sa gauche si vous êtes droitier (ce qui permet de ne pas lâcher son stylo- à vous de vous entraîner aux assoupissements éclairs afin que le bruit du stylo qui vous échappe ne vous fasse pas remarquer.)
La plus tordue a été observée en la personne de l’as de cœur. De trois-quarts à tendance profil sur sa chaise ; le bras gauche sur le dossier, tenu par la main droite, la tête posée sur le tout, comme un cheveu sur la soupe une cerise sur le gâteau.
La plus spectaculaire qui serait aussi la plus discrète sans le reste de la classe. Le dos est calé contre le dossier, bien droit, presque plus que nos attitudes avachies. Les deux avant-bras sont appuyés sur la table, comme un enfant bien éduqué à table qui attendrait sagement le prochain plat. Et comble du chic, le plume est décapuchonné, maintenu à un centimètre de la copie déjà barbouillée de quelques lignes. L’illusion serait parfaite si la rumeur ne se propageait pas de table en table… admirez un peu la technique de la demoiselle à l’oreiller !
22:28 Publié dans Souris de laboratoire | Lien permanent | Commentaires (4)
D’Hegel : le dégel
Dire que je ne suis plus en froid avec ce philosophe… peut-être pas. Mais la glace à été brisée et c’est en plein hiver que s’amorce le dégel.
Relu un peu de Hegel, conscience oblige. Je n’irai pas jusqu’à dire que j’ai compris, mais j’ai suivi. Le fil du raisonnement m’est entre apparu, alors je me suis précipitée dessus et je l’ai agrippé. Surtout ne pas le lacher ; c’est mon fil d’Ariane, sans lui, perdue. Alors il reste toujours une petite hésitation, une fébrilité, à tourner la page, ou simplement à récapituler mentalement ce que l’on a parcouru : même en ayant trouvé le fil, on n’est jamais à l’abri de le laisser s’emberlificoter en pelote de laine. Vive les nœuds (au cerveau) ! C’est à s’arracher les cheveux de la tête !
Plongée dans les méandres d’Hegel, c’est en ressortant que je suis en apnée. Surprise de m’apercevoir dans cet aquarium qu’est le miroir rectangulaire de l’entrée, je me coule à nouveau dans l’obscurité des profondeurs abyssales. Se laisser couler dans la fluidité de la pensée… *c’est le plaisir de se noyer dans un verre d’eau*.
21:53 Publié dans Souris de laboratoire | Lien permanent | Commentaires (2)
29 novembre 2006
La bataille de polochons : la revanche
... la vengence est un plat qui se déguste lentement. Surtout, affalé dans sa chaire chaise de professeur philosophique (la chaise ou le prof, à vous de choisir !), prendre bien trois secondes entre chaque mot et cinq entre chaque phrase. Je vais vous lire un texte... non ! je pensais qu'il allait nous faire des origamis là... de Flaubert... publié de manière posthume... Et là, suit l'histoire d'un pauvre petit bourgeois qui cherche à se donner de grands airs par la lecture rapide qu'il a faite d'Hegel.
Bouvard et Pécuchet : je vous retrouverais le texte un de ces 4'
Sa voix mettait en gras les passages qui nous étaient spécialement dédiés ; autant vous dire que de la rose des vents littéraire, on a surtout reçu les épines. Il a replié consciencieusement ses deux feuilles, un peu comme on range la lettre d'un ami qui vous a annoncé une excellente nouvelle, et il les a posées, satisfait, sur les cahiers de texte de la classe.
Reprenons le texte dégueule d'Hegel...
22:10 | Lien permanent | Commentaires (5)
28 novembre 2006
Culte : la fétichisation de l'oreiller
18:27 Publié dans Souris de laboratoire | Lien permanent | Commentaires (4)





















