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25 juin 2006

Mot à maux

           Robert se repose. Il attend à la vérité, mais comme il ne sait pas bien quoi, il se dit qu’il se repose. Avant qu’on ne vienne de nouveau le consulter sur quelque problème épineux. Il est très demandé ces derniers temps. Les vacances arrivant, son emploi du temps devrait s’alléger un peu. Il pourrait même envisager quelques semaines de vacances. Comme avant-goût d’exotisme, il y a son cousin qui s’est installé près de chez lui, depuis un moment déjà. Assez imposant d’aspect, il a pourtant toujours le mot witty qui fera mouche. Toujours à la page. Séduisant. Surtout dans son complet bleu roi ;  bleu anglais pour bien afficher son originalité. Alors que lui… avec sa mine sobre à tendance sévère, ses idées arrêtées et son éternel costume beige… Il scrute les environs : du quidam moyen à perte de vue. L’espace manque d’horizon, la capitale est vraiment minuscule.  Son cousin qui se pavane en quelque îlot – paradis artificiel. Il s’en lasse, et commence à baisser la garde ; la lettre – pas vraiment capitale - qu’il parcourait lui échappe. Son regard se noie dans le vague. Et là, il aperçoit… rousse, racée, colorée et vivante… elle parle comme un moulin, comme le vent égrènerait à toute vitesse les pages d’un livre. Elle est enjouée, fait retentir son rire. Elle… la rousse…si…

 

Un grand bruit fait sursauter tous les étudiants. 
- Tiens, c’est le dico qui est tombé de son étagère !
- Tombé amoureux oui ! pouffe en ses pages ce grand dandy de Collins.
Et Larousse de rougir à l’abri des livres beaux parleurs, sur son rayonnage discret.