16 mars 2014
Strauss et Schu-machin
La souris, souffrant de flemmingite aiguë, a dû annuler sa participation à la chroniquette de ce concert, après qu'Anja Harteros, souffrante, a dû annuler la sienne et que le chef a préféré Schubert au gruyère.
Parfois, quand j'ai plus de dix chroniquettes en retard, j'envisagerais presque d'utiliser mon blog comme base de données :
SELECT reference FROM concerts WHERE title = ''Tod und Verklärung'' AND composer = ''Strauss'' ;
> Concert au théâtre des Champs-Élysées
INSERT INTO concerts (''new_comment'', ''new_WTF_comment'') VALUES (''Je ne sais pas si Marek Janowski manquait d'allant ou si, au contraire, il allait trop vite, comme le suggérait Palpatine, mais je n'ai pas été transfigurée comme lors de la première écoute. Même si c'était beau, évidemment.'', ''Le chef avait un air de gravure.'') WHERE title = ''Tod und Verklärung'' AND composer = ''Strauss'' ;
Mais à la pièce suivante, je m'aperçois que je me suis emmêlée les pinceaux dans les numéros de symphonies et que je n'ai aucune donnée sur la huitième de Schubert : mon plan tombe à l'eau, il ne me reste plus qu'à m'extasier devant le <instrument> ? </instrument>. Un jour, j'apprendrai à distinguer les vents. Et Schubert de Schumann et de tous les Schu-machin, nom d'un chou à la crème.
Puis, comme il manque déjà beaucoup trop de mots, je n'ai plus aucun scrupule à vous donner mon impression des Métamorphoses en image : un nuage de cordes, où je ne trouve aucune des images ovidiennes que j'attendais.

23:48 Publié dans Souris d'Opéra | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : musique, concert, pleyel, orchestre de paris, odp, strauss, schubert
15 mars 2014
I like to be in America
L'Ouverture cubaine de George Gershwin superpose la fente d'une queue-de-pie à l'échancrure d'une chemise hawaïenne. Les maracas se fondent si bien aux avant-bras du percussionniste que chaque coup me fait penser au salut d'un de ces chats en plastique dans la vitrine des restaurants asiatiques (malgré l'anachronisme géographique).
Dans la biographie fantaisiste que j'étais prête à lui faire, Marguerite Duras s'est inspirée de la Symphonie n° 4 de Charles Ives pour écrire l'Amante anglaise, un nouveau roman policier où l'on connaît la coupable mais pas le mobile. Car c'est un mobile de sons que j'entends, composé d'éclats de miroirs noircis qui s'entrechoquent doucement et dont on découvre que certains, magnifiquement rouges, ont trempé dans le sang – un mobile de meurtre là où le compositeur entendait « la question que l'esprit humain se pose sur le sens de la vie » (rien que ça).
Et puis, plus prosaïque, j'entends les voisins d'à-côté quand les cuivres se barrent en coulisses et ceux de l'immeuble d'en face lorsque la harpe et les deux trois autres instruments installés en bergerie jouent les quelques mesures qui leur sont dédiées dans ce que le programme qualifie de « forêt de sons » mais que je verrais davantage comme une jungle urbaine. Un bassoniste y joue du coupe-coupe pour se frayer une place jusqu'à l'arrière du piano, d'où il se met à diriger une partie de ses collègues. Puis, autre sécession, un altiste excentré se lance dans un solo, faisant la fierté de son pupitre qui tape vigoureusement des pieds lors des applaudissements. Belle cohésion entre les musiciens ; il n'y a manifestement pas qu'au public que cette soirée atypique fait du bien.
A Jazz Symphony de George Antheil, « un cocktail hyper-vitaminé à consommer sans modération », tient plus du jus ACE (carotte, orange, citron) que le serveur, en tenue blanche et noire mais pas pressé, vous sert sous la forme d'une petite bouteille Pago. C'est bon, c'est rafraîchissant mais on se serait attendu à quelque chose d'un peu plus explosif pour la sortie de cette symphonie compactée de huit minutes. Quelque chose comme le bis qui suit, sur une espèce de xylophone-grattoir qui exige des mains d'argent (j'ai cru voir un gros Félix le chat).
Premières mesures des Danses symphoniques de Leonard Bernstein : les trois percussionnistes claquent des doigts, au fond et autour de l'orchestre, comme la bande des Jets qui encerclerait les Sharks. Reprise : ils sont rejoints par tous les musiciens qui ont les mains libres, le tubiste en tête, poing en l'air. On est pris d'une irrésistible envie de danser et on s'attendrait presque à voir débarquer The Mask pour un duo endiablé, lorsque l'orchestre se met à crier Mambo ! sous la direction plus qu'enthousiaste d'Ingo Metzmacher, véritable petit pois sauteur.
OK by me in America.
Mit Palpatine
09:22 Publié dans Souris d'Opéra | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : musique, concert, orchestre de paris, odp, gershwin, ives, antheil, bernstein





















