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02 octobre 2007

« A quoi reconnaît-on la vérité d’une histoire ? »

        Sûrement aux détails d’observation. Telle est renfrognée derrière ses lunettes. Telle autre tient son stylo à distance, dans un geste de défi qui dit toute la réserve quant aux mots que l’encre forme. Renfoncée, ce n’est pas dans son fauteuil, elle a coulé sur sa chaise ; les épaules sont presque à la hauteur de la table maintenant, et le bras tendu. Former des mots, du bout de la plume. Un bruit de froissement continu, chercher dans le sac plastique le paquet de gâteau, et ces emballages individuels, bruyants. Le manipulateur du cellophane fautif a dissimulé son forfait sous la table et par volonté de discrétion prolonge le bruit parasite. Un estomac voisin renchérit. Des rires discrets s’égrènent. Les regards s’égarent. Le clocher en polarise certains. Ils auront été nombreux, croyants ou non, à chercher quelque inspiration divine du côté de cette éminence qui se détache sur le ciel gris. Pensée monochrome. Lignes bleues et gorgée d’eau. Escapade dans les monts du lycée désert. Dans l’espace dilaté vibre chaque pas. Les décisions tanguent sur la passerelle de l’entresol ; le confinement de la salle a été mis en suspens, mais l’agitation continue. Se surprendre dans la glace – une coiffure pour le moins intéressante. Aplatir la pensée rebelle et retourner à cette histoire de vérité tirée par les cheveux.