Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

09 septembre 2007

Des finitions à peaufiner

        Le masochisme est une seconde nature qui vous rattrape au galop – et vous piétine de ses sabots en hennissant de plaisir. J’ai fait six heures de philosophie aujourd’hui et me suis éclatée, au moins pendant les trois premières (rédiger la fin d’un commentaire le remue-méninge calmé n’est plus aussi exaltant). Comme nous sommes encore au début de l’année, j’ai pris soin de rechercher les textes référencés en notes, comme demandé. Et pour faire option philo, il faut être soit philosophe, soit fort en devinettes : parce que si Métaph. me semblait assez évident, qu’Eth. Nic. ne demandait qu’une vérification orthographique, Top. l’était nettement moins et je n’ai toujours pas trouvé le sens de An. Post. (anthologie ou annales posthumes ?). Parmi ces abréviations de connaisseurs, j’ai trouvé un extrait Top. des Topiques d’Aristote, texte qui devrait (conditionnel de souhait/regret et non hypothétique, ne rêvons pas) intéresser le rédacteurs du Larousse :

 

« § 12. Il y a trois lieux pour prouver qu'on n'a pas défini par les choses antérieures.
[…]
§ 14. Un autre lieu, c'est quand on se sert dans la définition du défini lui-même. On ne s'en aperçoit pas, du reste, quand ou ne se sert pas du nom même du défini. C'est, par exemple, si l'on a défini le soleil, un astre qui paraît dans le jour; car si on se sert du jour, c'est se servir aussi du soleil. Il faut, pour découvrir cette erreur, substituer la définition au nom même; et ici, par exemple, dire que le jour est le mouvement du soleil au dessus de la terre. Alors il est évident que, quand on a dit le mouvement du soleil au-dessus de la terre, on a nommé le soleil; de sorte qu'en se servant du jour, on s'est servi aussi du soleil. »

 

 

En allant un peu plus tard vérifier la définition d’un de ces mots dont on connaît grossièrement le sens mais qu’on n’est jamais fichu de définir clairement  (d’accord ce « on » a une très forte valeur personnelle) dans le dictionnaire, « inductif » m’a été défini par son substantif « qui relève de l’induction ». Thanks, but I could have worked it out myself.

6 ans et des poussières...

    En jetant les reliques de mon époque star-system victim (Di Caprio et companie), j'ai récupéré assez de pochettes plastiques pour subvenir à mes besoins de classement jusqu'à la fin de mes études universitaires. (Hors cours d'histoire, reliés, tant celle-là aurait le temps de nous devancer si l'on se mettait en tête de ranger les polys dans un classeur)

Il n'y a plus lieu d'avoir honte de ce que l'on a été, puisque le propre de l'avoir été, c'est qu'on ne l'est plus... Si - il me serait préjudiciable que vous en doutiez. 

Khrônique

    Entrée en khâgne, en plein dans l’âpreté du cas K. Envolée l’insouciance  de cheval fougueux hypokhâgneux. Cheval de somme pour commencer :

Cheval de trait, car cette année débute sous le signe du déméngament. Non solum j’ai passé la journée dans les cartons et la poussière, sed etiam il a fallu transbahuter tables et chaises et pour écouter le discours si novateur de notre cher proviseur (à croire qu’ils n’avaient pas tout le monde sur leur liste) et pour aménager notre salle (la khâgne ulm est extraordinairement peuplée par rapport aux années précédentes : nous avons du aller piller la salle voisine des hec pour que tout le monde ait une place assise –ce qui est préférable pour écouter les blagues de Mimi, fidèle à lui-même, toujours une petite référence à l’Estonie en passant) ;

Somme mathématique, car il me faut vous faire réviser votre géomètrie littéraire, à vous, lecteur, potentiellement ignorant des vocables prépaïens. La mosaïque se compose d’une vingtaine de carrés khârrés, i.e. nous autres, ex-hypokhâgneux, et de six cubes khûbes, qui ont le privilège de commencer leur seconde khâgne et ce faisant d’explorer une nouvelle dimension. Qui ne semble pas outre mesure exaltante pour nous, humbles kharrés : les khûbes n’ont pas l’air drôles et les profs le leur rendent bien. « Je vous préviens, les khûbes, si jamais personne n’a fait de commentaire la semaine prochaine, vous passez en improvisé, et ça ne me dérange pas que ce soit Montaigne. » En bon khârré, vous vous aplatissez ; le khûbe a sûrement l’esprit plus volumineux.

Volumineux (plus aucune maîtrise des transitions, comme vous pouvez le constater) est aussi le travail donné. L’imminence de la dissertation de français et du commentaire de philo recommanderait d’arrêter ces khrôniques. Le prof de philo a réussi à me traumatiser en nous demander de préciser quel était notre rythme de lecture, combien d’ouvrages philosophiques nous lisions en une semaine ou un mois (de mon côté, on serait contraint de rajouter l’échelon annuel). Et nous ne sommes que six en option philo – qu’Aristote ne soit pas loué. Par conséquent,  j’ai ressemblé les deux premiers jours à une pile électrique – angoisse panique- trop d’exigences en électrons libres. Rentrée dans le circuit, câblée à mon Gaffiot et alimentée en conversations (dans cette bonne bonne vieille cantine, où nous avons eu le droit à un nouveau mélange de légumes : chou fleur croquant, haricots verts, carottes et tomates – on a les scoops qu’on peut), le courant passe à nouveau et fait redémarrer le moral – ne reste plus que la volonté de se remettre dans le bain. Parée aux étincelles !