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28 novembre 2006

Culte : la fétichisation de l'oreiller

C'était MO-NU-MEN-TAL ! La réplique édifiante du cours de philo. Resituons le contexte : Hegel, des phrases longues, alambiquées, emberlificotées, soupoudrées de mots indigestes voire étrangers au dictionnaire. Et puis le cours, sérieux, magistral. Mais il s'agit de faire réfléchir, de mettre notre pensée en action à supposer que nous en soyons capables *sous-entendu charmant inside*. Réfléchir pour que la pensée ne risque pas de tomber dans la dogmatisation : qui peut me donner un objet ? La question qu'il ne fallait pas poser.
Une réponse jetée au hasard, la tête à peine relevée des bras qui formaient un doux... OREILLER. Hilarité générale. Professeur atterré, qui a rejetté ses pulsions meurtrières en frappant des mains pour applaudir une si belle suggéstion. Mépris total. Sûrement vexé. Là il enchaîne et se déchaîne, du genre virtuose de l'improvisation assassine: Oui, je ne sais pas... l'enjeu de l'oreiller... et d'abord mol ou dur ?... La vie de l'oreiller ; ce n'est pas vraiment à cet objet que je pensais, mais puisque vous voulez... Nous ne nous sommes pas compris sur le sens du mot objet. Un objet de réflexion, mettre la pensée en mouvement, réfléchir. Ou alors je ne sais pas... vous flinguez les anges, vous récupérez les plumes et vous vous en faites un oreiller. Tailladés. Il aurait pu finir par un "Allez vous recoucher" que cela aurait sonné plus amical que son ton de contempt absolu. D'autant plus irrité que nous étions morts de rire. D'autant plus énervé que jamais nous n'avions été aussi éveillés ni attentifs. D'autant plus atterré, que tous les stylos se sont mis discretement à courir dans les marges et les hauts de page.